
La France a franchi un seuil inédit en 2024 en retirant la nationalité à 41 personnes naturalisées. Une mesure ciblant principalement des ressortissants d’origine maghrébine, dans un climat politique et sécuritaire tendu.
L’année 2024 a marqué un tournant dans la politique française de déchéance de nationalité. D’après une enquête du média Les Jours, 41 individus ayant acquis la nationalité française ont été déchus de leur statut, un record depuis l’introduction de cette procédure dans le Code civil. Parmi eux, une majorité de Franco-Algériens, Franco-Marocains et Franco-Tunisiens.
🔍 Une mesure à l’ombre de la sécurité nationale
La déchéance de nationalité, prévue par l’article 25 du Code civil, s’applique aux personnes naturalisées coupables de crimes graves, notamment en lien avec le terrorisme ou des actes de trahison. Si elle reste juridiquement encadrée, cette procédure suscite des débats croissants sur son usage croissant et ses implications.
Les autorités françaises justifient ces décisions par la lutte contre les menaces sécuritaires internes, mais des voix s’élèvent contre une possible dérive. « Il y a un emballement institutionnel qui mérite d’être interrogé », souligne un observateur cité dans l’enquête.
⚖️ Une arme juridique qui interroge
Si en principe seuls les naturalisés sont concernés, certaines exceptions permettent aussi de viser des binationaux nés en France. Cette extension du champ d’application inquiète les défenseurs des droits humains, qui redoutent une instrumentalisation politique de la mesure.
Plusieurs responsables politiques ont récemment proposé d’élargir les critères de déchéance, provoquant une vague de critiques. Pour certains juristes, cette mesure, bien qu’inscrite dans la loi, porte atteinte aux principes d’égalité devant la citoyenneté et risque de renforcer les discriminations.
Rédaction Web


