
À Oran, une pénurie de médicament plonge les hypertendus dans l’inquiétude. Depuis plusieurs semaines, l’Extel (association de deux molécules, le Telmisartan 40 mg et l’Amlodipine 5 mg), un traitement de première nécessité pour les patients souffrant d’hypertension artérielle, se fait cruellement rare dans les pharmacies de la ville. Pour de nombreux malades chroniques, cette absence n’est pas une simple gêne, mais une épée de Damoclès.
« Je cherche ce médicament depuis deux semaines dans toutes les pharmacies. Partout, on me répond que c’est introuvable. Heureusement, j’ai fini par en trouver par hasard dans une officine, mais on m’a prévenu qu’il s’agissait des dernières boîtes », témoigne, anxieux, un hypertendu rencontré hier. Les pharmaciens confirment cette raréfaction. Ce médicament combiné, qui devrait être un pilier du traitement de l’hypertension, a tout simplement disparu des étagères. L’Extel est prescrit lorsque la pression artérielle ne peut être contrôlée par une seule molécule. L’Amlodipine, un inhibiteur calcique, empêche le calcium de pénétrer dans les cellules musculaires des vaisseaux, évitant ainsi leur contraction. Le Telmisartan, quant à lui, est un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II : il bloque l’action d’une hormone naturelle qui resserre normalement les vaisseaux sanguins. Leur association permet de détendre et de dilater les vaisseaux, facilitant la circulation du sang et réduisant la pression.
Le Glucagon en rupture de stock à Oran
Autre médicament en rupture de stock à Oran : le Glucagon, véritable bouée de sauvetage en cas de crise sévère chez les diabétiques. Un médecin nous explique : « Le Glucagon est un médicament qui sauve des vies. Il est utilisé lors d’une hypoglycémie sévère, un moment critique où la glycémie chute dangereusement, souvent en dessous de 0,7 g/L. » Imaginez la scène : une personne diabétique, enfant ou adulte, perd conscience, fait des convulsions ou n’est plus capable d’avaler. Il est alors impossible de lui administrer du sucre ou une boisson sucrée par la bouche. C’est là que le Glucagon entre en jeu. Administré par injection, il agit comme un messager d’urgence qui ordonne au foie de libérer ses réserves de glucose dans le sang, faisant remonter la glycémie rapidement, sans nécessiter d’ingestion. Une véritable bouée de sauvetage chimique, un geste qui peut empêcher le pire.
Ilyès N.


