
Deux hauts responsables de l’ONU, de retour d’une mission conjointe à Ghaza, décrivent une survie incertaine pour la population palestinienne, toujours exposée au froid, à la faim et à l’effondrement de ses conditions de vie.
Invités lundi du point de presse quotidien de l’ONU à New York, Ted Chaiban, directeur général adjoint de l’UNICEF, et Carl Skau, son homologue du Programme alimentaire mondial (PAM), revenaient d’une semaine passée sur le terrain dans l’enclave palestinienne. Malgré la reprise partielle de l’aide alimentaire, «100 000 enfants restent en situation de malnutrition aiguë et nécessitent des soins de long terme», selon M.Chaiban. Dans les camps improvisés, l’hiver aggrave la situation. «Les conditions sont misérables dans ces tentes», a témoigné le responsable de l’UNICEF. «J’ai rencontré des familles qui brûlaient des morceaux de plastique et de bois pour tenter de réchauffer leurs enfants». Selon l’organisation, au moins 10 enfants sont morts d’hypothermie depuis le début de la saison froide.
M. Skau a déploré, lui aussi, des conditions similaires. «Un peuple entier vit désormais au bord du gouffre, et ce n’est tout simplement pas acceptable», a-t-il déclaré. «Des centaines de milliers de personnes grelottent dans des tentes en tissu qui ne protègent ni du froid ni de la pluie», a-t-il déploré, insistant sur la nécessité de «submerger Ghaza d’abris» et de relancer l’économie locale par l’augmentation des flux commerciaux et de l’aide en espèces. Dans ce contexte, le responsable de l’UNICEF a estimé que la phase deux du cessez-le-feu n’est «pas seulement un jalon politique, c’est une nécessité humanitaire», plaidant pour l’ouverture simultanée de tous les points de passage, ainsi que pour la réouverture d’axes internes majeurs afin de fluidifier l’acheminement de l’aide et la circulation des civils.


