
Depuis plusieurs jours, Keir Starmer lutte pour sa survie politique, après des élections locales aux résultats désastreux pour le Labour, lesquelles ont fait suivre à de nombreuses polémiques qui l’avaient déjà fragilisé. Le départ de Wes Streeting du gouvernement, ce 14 mai, ébranle un peu plus le Premier ministre du Royaume-Uni.
Dans sa lettre de démission au ton très critique adressée à Keir Starmer, le désormais ex-ministre de la Santé, qui représente l’aile droite du parti travailliste, dit avoir « perdu confiance dans son leadership ». « Il est désormais clair que vous ne mènerez pas le Labour aux prochaines élections législatives », prévues en 2029, et « là où nous avons besoin de vision, il y a un vide », a-t-il écrit.
Wes Streeting plaide en faveur d’un « débat qui doit être large » et dit souhaiter « s’appuyer sur le meilleur éventail possible de candidats » pour assurer l’avenir du parti au pouvoir, réclamant un « débat d’idées ». S’il ne cache pas son ambition, il n’a cependant pas acté son intention de briguer la direction du Labour, et d’ainsi tenter de détrôner lui-même Keir Starmer.
Keir Starmer dit « regretter » la décision de son ministre. L’opposition, elle, dénonce un nouvel épisode de la « guerre civile » au sein du Labour, qui dure depuis une semaine, rapporte notre correspondante à Londres, Émeline Vin.
Starmer toujours plus sous pression
La pression sur le dirigeant travailliste, en poste à Downing Street depuis juillet 2024, est montée d’un cran en début de semaine lorsque quatre secrétaires d’État ont démissionné, et que 86 députés de son parti – sur un total de 403 – l’ont appelé à la démission.
Une autre figure travailliste pouvant affronter Keir Starmer est revenue dans le jeu, jeudi 14 mai : Angela Rayner, ancienne numéro 2 de Keir Starmer. Populaire à la gauche du parti, elle a annoncé avoir été « blanchie de tout acte répréhensible » dans une affaire fiscale qui avait mené à sa démission en septembre 2025.
L’ex-vice-Première ministre de 46 ans avait admis avoir sous-payé un impôt en achetant son logement, et été reconnue coupable d’avoir enfreint le code ministériel. L’administration fiscale britannique l’a toutefois « exonérée de l’accusation » selon laquelle elle aurait « délibérément cherché à (se) soustraire à l’impôt », a-t-elle déclaré jeudi sur X.
« Je ne vais pas défier le Premier ministre », affirme Angela Rayner
Interrogée sur une potentielle candidature, Angela Rayner a écarté la possibilité d’ouvrir elle-même les hostilités : « J’ai été claire sur le fait que je n’allais pas défier le Premier ministre », a-t-elle déclaré au journal The Guardian. Elle a toutefois affirmé que Starmer devait « réfléchir » à l’éventualité de se retirer.
Angela Rayner a aussi fait part de sa volonté de « jouer (son) rôle », laissant entendre qu’elle pourrait rejoindre la course si un autre responsable travailliste se lançait. « Ce que nous faisons ne fonctionne pas, et il faut que cela change », avait-elle concédé après l’échec cuisant du Labour aux élections locales.
Selon les règles du parti, tout candidat devrait obtenir le soutien de 81 députés travaillistes – soit 20% des effectifs du Labour au Parlement – pour déclencher une élection interne. Si Wes Streeting est apprécié à la droite du Labour, il est mal vu par les députés de l’aile gauche, qui soutiennent Angela Rayner ou le maire du Grand Manchester, Andy Burnham.


