
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a mis en garde vendredi les Etats-Unis contre « toute exigence excessive » dans leurs discussions, atténuant l’optimisme affiché la veille à l’issue d’une nouvelle session de pourparlers à Genève.
Ces discussions indirectes, qui doivent se poursuivre dans les prochains jours selon l’Iran, apparaissent comme celles de la dernière chance pour éviter une confrontation militaire après un important déploiement américain au Moyen-Orient.
Washington a notamment déployé deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, qui a quitté jeudi une base navale en Crète.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit vendredi « extrêmement inquiet du risque d’escalade militaire régionale ».
– « Eviter toute erreur d’appréciation » –
Lors d’un appel avec son homologue égyptien Badr Abdelatty, Abbas Araghchi « a déclaré que le succès (de l’option diplomatique) reposait sur le sérieux et le réalisme de l’autre partie, mais aussi sur le fait d’éviter toute erreur d’appréciation et exigence excessive », selon les propos rapportés par la diplomatie iranienne.
Le diplomate iranien, qui mène les pourparlers pour Téhéran, n’a pas précisé à quelles demandes il faisait référence.
Les Etats-Unis ont à plusieurs reprises insisté sur une interdiction totale d’enrichissement d’uranium par l’Iran, une « ligne rouge » pour Téhéran qui défend son droit au nucléaire civil.
L’administration Trump souhaite aussi que tout accord porte sur les missiles balistiques de l’Iran, perçus comme une menace existentielle par son allié israélien.
L’Iran refuse d’aborder cette question et le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a estimé que cela posait « un très gros problème ».
Le président Trump avait accusé mardi l’Iran de disposer de « missiles qui peuvent menacer l’Europe » et les bases militaires américaines, et d’oeuvrer à en concevoir des plus puissants, capables « d’atteindre bientôt les Etats-Unis ».
Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a dénoncé de « gros mensonges ».


