Les exécutions sommaires de civils sans défense, dans la région de Boukhellala (Timimoun) entre 1957 et 1958, constituent un autre crime abject commis par la France coloniale en Algérie, en violation flagrante du droit international.
Ciblant toute personne soupçonnée d’adhérer ou de sympathiser avec la Révolution du 1er Novembre 1954, ces exécutions par fusillade ont été perpétrées, en guise de représailles, par les forces coloniales françaises suite aux lourdes pertes subies lors de différentes batailles du Grand Erg occidental, à l’instar des batailles de Hassi-Ghembo, de Hassi-Ali et de Hassi-Tasselgha, a indiqué le secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des Moudjahidine, Zaoui Bahous.
Ces batailles avaient constitué une étape importante dans le cours de la glorieuse Révolution, apportant la confirmation de la globalité de cette Révolution et son étendue ainsi que de l’adhésion populaire autour du Front de libération nationale (FLN) et de son armée (ALN) dans cette région du pays, en dépit de la rudesse de ses conditions naturelles et géographiques, a-t-il expliqué, soulignant que cela a contribué à la mise en échec du complot colonial de séparer le sud algérien. Evoquant les crimes de Hassi Boukhellala, le directeur du Musée du Moudjahid d’Adrar, l’historien Abderrahmane Meharzi, a affirmé, de son côté, que les autorités coloniales ont procédé à la création et l’installation d’un centre militaire colonial, près d’un puits de la zone de Boukhellala, à quelque 120 km au Nord de Timimoun.
Une décision prise après que le général Bigeard se soit rendu à l’évidence que les ratissages et les reconnaissances aériennes et terrestres menés par ses soldats entre le 22 et le 30 novembre 1957 n’ont pas donné de résultats. Il décida alors d’installer un poste de commandement à Hassi-Boukhellala où se trouvait un terrain d’atterrissage d’aéronefs réalisé pour les pétroliers. Poste qui a été équipé, à partir du 3 décembre 1957, de différents types de matériels militaires, dont des hélicoptères et des avions de reconnaissance, mis à la disposition du général Bigeard.
Sur le site, une tente a été érigée et tenait lieu de tribunal, de lieu d’interrogatoires, de torture de civils et d’exécutions sommaires, où pas moins de 24 personnes sont tombées en martyres, a indiqué, pour sa part, le moudjahid Laïd Lemaâlem, tout en rappelant que la seule évocation du centre de Boukhellala terrifiait, car ceux qui y ont été conduits n’en sont pas revenus vivants.
Il raconte, sur la base de témoignage de son père, le moudjahid Ali Lemaâlem, un des prisonniers du centre en question, que les personnes condamnées à mort étaient conduites au lieudit El-Feidja El-Kahla à Boukhellala où les coups de feu tirés signalaient leur exécution. Les chouhada exécutés étaient issus de différentes régions, dont celles de Béni-Abbès, Talmine et Ouargla, et étaient en majorité des collecteurs de fonds, commerçants, moussabiline et infirmiers au service de la Révolution.
Et d’ajouter que certains ont été jetés d’aéronefs en vol et d’autres au fond de puits d’abreuvage, citant le cas d’un approvisionneur issu de la fraction des Touahir, dans la région d’El-Benoud Labiodh Sidi-Cheikh, qui a été jeté au fond d’un puits. Située dans le Grand Erg occidental, la région de Boukhellala en plus d’être une zone de liaison entre les fronts sud et sud-ouest, dont les régions de Labiodh Sidi-Cheikh et de Boussemghoune, constituait une zone de transit de caravanes commerciales acheminant des vivres, dont des produits alimentaires, de la laine et autres marchandises.
Des caravanes y étaient interceptées par les forces coloniales croyant que les ravitaillements étaient destinés aux moudjahidine. Pour le directeur des Moudjahidine de Timimoun, Djemaï Boumaâraf, ces crimes commis par la France coloniale sur des civils demeurent imprescriptibles, relevant qu’ils ont été évoqués cette année, pour la première fois, à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du Chahid (18 février), dans la commune d’Ouled-Aissa, de laquelle relève la zone de Boukhellala, et ce pour qu’elle reste gravée dans la mémoire collective de la région, en tant que témoin des atrocités coloniales.


