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Tlemcen : colloque national sur les érudits de Tlemcen dans les ouvrages biographiques andalous

Un colloque national intitulé « Tlemcen dans les miroirs de l’Andalousie: lectures de l’image de Tlemcen et de ses érudits dans les ouvrages biographiques andalous » s’est tenu, jeudi à Tlemcen. La rencontre a permis de mettre en lumière les relations scientifiques entre Tlemcen et l’Andalousie, ainsi que la place des érudits (oulemas) tlemcéniens dans les sources andalouses et leur influence civilisationnelle durant le Moyen-âge.

Naïma Boukridimi, de l’Université d’Aïn Temouchent, a expliqué que « Tlemcen, constituait au Moyen-âge, un pont scientifique et civilisationnel avec l’Andalousie, en accueillant des savants de diverses disciplines. De nombreux érudits de Tlemcen ont également laissé leur empreinte en Andalousie, tels qu’Abou Abdallah Al-Makarri et cheikh El-Fezzazi, qui ont exercé des fonctions importantes dans le domaine judiciaire, ainsi qu’Ibn Marzouk El-Khatib, qui occupait la fonction de prédicateur », affirmant qu’ils « ont tous contribué à la vie administrative, politique et culturelle en Andalousie ».

Elle a ajouté que « ces savants se distinguaient par l’étendue de leur savoir et leur maîtrise des subtilités de la charia, ce qui leur a permis de contribuer au domaine judiciaire. Ils étaient également connus pour leurs voyages scientifiques, qui ont enrichi leurs connaissances et ont formé de nombreux étudiants et savants ».

De son côté, Kasmi Bekhtaoui, de l’Université de Tlemcen, a indiqué que « le voyage scientifique était l’un des principaux moyens de recherche du savoir dans le monde islamique médiéval. Malgré ses difficultés, il constituait une tradition bien ancrée chez les étudiants, leur permettant de rencontrer des maîtres et d’apprendre auprès d’eux, couronnée par l’obtention d’une Idjaza (habilitation) dans une ou plusieurs disciplines ».

Il a ajouté que « l’activité scientifique entre Tlemcen et l’Andalousie était dynamique dans les deux sens. Les étudiants se rendaient dans les grands centres du savoir, parmi lesquels Abou Abdallah El-Bari Etilimçani ».

Par ailleurs, Khaled Belarbi, professeur d’histoire médiévale à l’Université de Sidi Bel-Abbes, a souligné que « des savants de Tlemcen tels qu’El-Akbani, Al-Makarri, El-Abli, Ibn El-Khatib et d’autres, qui ont œuvré en Andalousie dans les domaines de l’administration et de l’enseignement, ont enrichi la vie intellectuelle à travers leurs écrits et ont constitué de véritables références scientifiques ».

Il a ajouté que « les historiens andalous n’ont pas négligé ce rôle pionnier, consacrant à ces savants des ouvrages retraçant leurs biographies et leurs contributions scientifiques, en reconnaissance de leur rôle dans l’essor culturel et civilisationnel ».

La rencontre, a été organisée à l’initiative du Musée public national d’art et d’histoire, en coordination avec le laboratoire « Algérie et le bassin occidental de la Méditerranée » et l’équipe de recherche en histoire économique et sociale de l’Occident islamique au Moyen-âge de l’Université de Sidi Bel-Abbes, indique-t-on. Elle a également comporté d’autres interventions scientifiques portant, notamment, sur « Les figures tlemcéniennes dans les compilations biographiques andalouses », « L’émigration scientifique de Tlemcen vers les centres andalous à l’époque almohade à travers les ouvrages biographiques », « Le voyage des étudiants de Tlemcen vers les cercles du savoir en Andalousie ».

Le colloque a été marqué par la participation d’enseignants et de chercheurs de différentes universités du pays, note-on.

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