
Les bébés exposés à une forte pollution de l’air pendant la grossesse ont de moins bons scores de développement, notamment pour le langage et le mouvement, à 18 mois.
Une étude sur les effets de la pollution de l’air sur les bébés du Grand Londres
Les auteurs de ces travaux se sont intéressés à 428 bébés nés dans le Grand Londres, qui rassemble plus de 8 millions d’habitants. Parmi ces enfants, 125 étaient nés prématurément. Avec chacun d’entre eux, les chercheurs ont réalisé un test de développement appelé échelle de Bayley. Il évalue les capacités cognitives, langagières et motrices. « L’étude du King’s College de Londres est la première à examiner l’exposition à la pollution et le développement dans le Grand Londres, en mesurant les compétences langagières et motrices d’enfants dont les mères étaient enceintes dans la capitale », précisent les scientifiques britanniques dans un communiqué.
Pour mesurer le niveau de pollution, ils ont utilisé un outil d’analyse spécifique, appelé London Air Pollution Toolkit : il modélise les niveaux de pollution en fonction du volume de trafic et des vitesses moyennes de circulation. Grâce au code postal des mères, les scientifiques ont pu déterminer le niveau de pollution auquel elles avaient été exposées pendant leur grossesse. « Les niveaux de pollution mesurés (…) étaient conformes aux limites annuelles fixées par le gouvernement (…) bien qu’ils soient supérieurs aux seuils de sécurité définis par l’OMS en 2021″, indique l’autrice principale de l’étude, le Dr Alexandra Bonthrone.
La pollution de l’air retarde le développement des bébés
Les données montrent que l’exposition à la pollution pendant le premier trimestre de grossesse, notamment via le trafic routier, était associée à des compétences langagières moins développées à 18 mois. « Les nourrissons exposés à une forte pollution durant le premier trimestre de grossesse ont obtenu, en moyenne, des scores de 5 à 7 points inférieurs aux tests de langage par rapport aux bébés exposés à une faible pollution, indiquent-ils. Aucune association n’a été observée avec la pollution au cours des deuxième et troisième trimestres. »
Les résultats révèlent que l’impact de la pollution de l’air est plus important chez les bébés nés prématurément. « Les bébés prématurés exposés aux niveaux de pollution les plus élevés in utero pendant toute la grossesse ont obtenu, en moyenne, 11 points de moins en motricité que ceux exposés à de faibles niveaux », poursuivent les auteurs.
Pollution de l’air : quels sont ses effets à long terme sur le développement des enfants ?
Le Dr Bonthrone rappelle que la période des 1.000 premiers jours, entre la conception et les deux ans de l’enfant, est cruciale, car elle détermine « la santé cérébrale et le comportement à long terme ». « À ce stade, il est trop tôt pour dire si ces enfants rattraperont leur retard ; seule une étude ultérieure permettra de le confirmer, complète-t-elle. Il est possible que ces différences de développement aient des répercussions sur l’apprentissage et le traitement de l’information, mais nous ne pourrons l’affirmer avec certitude qu’après de futures études. »


