Culture

Festival culturel de la Sebeïba : Djanet s’apprête à célébrer son rituel millénaire

La dix-septième édition du festival culturel de la Sebeïba se tiendra, du 22 au 26 juin à Djanet. Un rituel ancestral représentant l’identité millénaire des Kel Ajjer constitue une richesse patrimoniale inestimable pour l’Algérie et l’humanité.

Un riche programme culturel, tendant à valoriser le patrimoine culturel authentique de la région, sa préservation et sa promotion, a été concocté pour ce festival, qui se tiendra sous le patronage de la ministre de la Culture et des Arts, et la supervision du wali de Djanet, a indiqué le commissaire du festival, Naceur Bekkar. Le programme comporte des exhibitions folkloriques et d’arts populaires, des récitals poétiques et littéraires, des journées d’étude sur le patrimoine culturel local, ainsi que des expositions d’artisanat traditionnel et des espaces réservés à la présentation du patrimoine local. L’organisation du festival de la Sebeïba, l’une des principales manifestations culturelles dans le sud-est du pays, a pour objectif de contribuer à la sauvegarde du patrimoine immatériel et à la mémoire collective de la région, en plus de constituer une opportunité de mettre en lumière la diversité culturelle que recèle Djanet et de renforcer son rayonnement culturel et touristique, à l’échelle nationale et internationale, a-t-il souligné. Il y a lieu de rappeler que cette célébration compétitive pratiquée par deux communautés de Djanet mêle danse, chant et port de costume traditionnel. Si l’origine de cette fête reste indéterminée, elle célèbre la paix et la réconciliation de deux tribus du Tassili n’Ajjer, qui menaient autrefois une guerre fratricide. Le premier mois du calendrier lunaire musulman, se déroule la Sebeïba, qui dure dix jours et est pratiquée par deux communautés de Djanet). Des danseurs et des chanteuses participent à un concours de neuf jours nommé Timoulawine, afin de pouvoir se produire pour la Sebeïba, qui a lieu le lendemain. Le lieu du rituel se nomme loghya. Les danseurs sont vêtus de tenues guerrières et portent des épées, symboles de guerre, là où les foulards féminins représentent la paix. Ils peuvent entrer en transe. L’amghar, chef de chaque groupe, joue un rôle important, pour assurer la victoire. Les chanteuses sont accompagnées de tambourins (les congas) et interprètent de la musique traditionnelle. Une transmission intergénérationnelle a lieu, avec notamment des vêtements traditionnels comme la Tekoumba, des bijoux volumineux en formes de triangle, armes et instruments de musique sont faits et entretenus par des artisans locaux. Le jury est composé de Kel Imnas, hommes nobles, qui assistent à la représentation sur leurs chameaux. En 2014, «Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l’oasis de Djanet, Algérie» intègre la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. D’après la description officielle de l’UNESCO, cette cérémonie constitue un marqueur de l’identité culturelle des Touaregs du Sahara algérien. Elle est sublimation des pulsions en ce qu’elle permet à des tribus rivales de s’affronter sur le plan artistique au lieu de le faire sur le plan physique.

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