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Ain Temouchent : l’APW au chevet du secteur de l’habitat

La plénière de l’APW s’est poursuivie Mardi par l’étude du rapport sur la situation du secteur de l’habitat dans la Wilaya. Plusieurs recommandations furent émises par la commission compétente afin de faciliter la bonne marche des programmes.

En prenant connaissance du rapport nous nous attendions à trouver des commentaires sur les projets en cours ou achevés avec des chiffres éclairants en mesure de nous renseigner et sur la progression du secteur et sur la vision des élus en matière de développement du secteur s’agissant de la Wilaya d’Ain Temouchent.
Hélas nous sommes restés sur notre faiM. La commission s’est contentée, dans ce qu’elle appelle «un reportage», de généralités et de recommandations.
Un rapport digne de ce nom aurait dû -comme de coutume- comporter des éléments d’appréciation à même d’évaluer le travail effectué sur le terrain. Aucune ne référence sur les types de programmes, leur localisation, le taux d’avancement, les échéances, les crédits consommés, les problèmes rencontrés et éventuellement les solutions préconisées par la commission. Et pour cause, ces volets existent dans le rapport présenté par le directeur de qualité du secteur.
La commission n’a probablement pas voulu faire double emploi en reprenant les chiffres de la tutelle.
Mais ce n’est pas ce qu’on attendait d’elle en vérité.
Faute d’une expertise appuyée par les visites sur le terrain les élus n’ont pas apporté la contradiction au rapport présenté par le responsable de l’habitat qui évolua sur du velours.
Hormis quelques observations, les élus ne s’attardèrent pas sur les questions techniques.
La mouture préparée de l’APW renvoie, elle, dans son préambule au rôle du logement dans la société avant de passer directement à une série de propositions plus ou moins intéressantes reprises par les élus présents lors du débat; comme par exemple la nécessité de renforcer la coordination entre les services s’occupant de l’habitat, le respect des délais de livraison des projets et des normes de qualité, l’accélération des travaux d’aménagement urbains confiés à des entreprises déficientes en termes de moyens, préservation du cachet historique de la ville d’Ain Temouchent par l’exclusion des habitations construites à des hauteurs sans commune mesure avec les petites assiettes achetées à des privés au milieu de zones résidentielles.
Cet aspect mérite une attention particulière.

LA RARETÉ DES TERRAINS CONSTRUCTIBLES EN DÉBAT

L’autre point évoqué par les élus a trait aux actes de propriété et les importants retards enregistrés pour l’établissement des documents notamment ceux qui relèvent du logement rural.
La révision et l’adaptation des instruments d’urbanisme que sont le POS et le PDAU figurent parmi les recommandations de la commission.
Un élu est intervenu pour interpeller le Wali sur la question de la rareté des terrains constructibles vu que la wilaya a une vocation agricole : «Personne ni vous ni une autre partie n’est en mesure de régler ce problème épineux.» lancera le fervent alarmiste suscitant l’hilarité dans la salle et le sourire condescendant de Mr M’hamed Moumen.
Il est vrai que le transfert des terres agricoles est étroitement encadré par des textes de loi mais lorsqu’il s’agit de projets d’utilité publique prioritaires la Wilaya peut sur la base d’un dossier dûment argumenté obtenir une dérogation ministérielle.
Pour en revenir au rapport détaillé présenté celui là par le responsable du secteur il me paraît édifiant de relater une anecdote avant d’entrer dans le vif du sujet.
Ainsi, on reproche souvent aux gens de la Presse leur manque d’objectivité et leur esprit de critique au lieu de l’esprit critique qui, lui, est plus nuancé et porteur d’idées constructives.
C’est d’ailleurs le second qui a toujours constitué notre crédo parce que la mission d’informer ne se limite pas à rapporter des faits ou des chiffres mais d’éclairer le lecteur de la manière la plus précise possible.

LA CHASSE À L’INFO DEVIENT PLUS EN PLUS PÉNIBLE

Pour les journalistes et correspondants locaux qui ont l’habitude de couvrir les réunions de l’APW les comptes rendus des directeurs d’exécutif représentent une source d’information officielle et normalement crédible.
L’usage veut que deux rapports soient lus, l’un par le rapporteur de la commission compétente de l’APW en charge du secteur et le second par le Directeur de l’exécutif concerné.
C’est avec celui là que le microcosme de l’APW a un souci de concentration étant donné que le débit rapide de la lecture et le défilé accéléré des images sur l’écran ne permet pas de maitriser l’essentiel du contenu.
A fortiori quand aucune copie n’est distribuée à l’assistance pour suivre en simultané la présentation du représentant de l’administration.
La lassitude finit par s’installer et il n’est pas rare de croiser dans les coulisses des élus sortis «prendre de l’air» comme on dit.
Evidemment que nous avons besoin du maximum d’informations pour étoffer les «papiers» afin d’éviter les amalgames et les ambigüités.
Et quand nous avons relevé que le rapport de la commission des élus de l’APW souffrait d’imprécision et ne contenait aucune statistique, c’est tout naturellement que nous nous sommes dirigés à la fin des débats vers le directeur de l’Habitat afin que ce dernier puisse compléter nos notes vu que son bilan, exposé oralement et illustré par des tableaux était autrement plus fourni et exhaustif.
Rendez-vous fut donc pris pour le lendemain matin vers les coups de 09heures au siège de la Direction afin de recueillir auprès du «chef» les éléments d’information nécessaires à la confection de notre article.
Point de directeur lequel est passé directement à la Wilaya pour les besoins d’une réunion.
Qu’à cela ne tienne votre serviteur retournera à 16 Heures et patientera jusqu’à l’arrivée de Monsieur le Directeur qui prendra place dans son bureau. Le son de sa voix m’est parvenu juste au moment où il discutait avec ses deux secrétaires les invitant à refuser toute entrevue. Prétextant un appel venu de l’extérieur et émanant de son patron, une des assistantes se présenta à la salle d’attente un portable à la main et me demanda, en s’excusant, de revenir la semaine prochaine. En 50 ans de carrière dans le journalisme je n’ai jamais vécu pareille événement qui frise, convenons en, l’indécence. Il est clair que les moeurs ont changé avec le changement des hommes.
On n’est plus dans le respect mutuel et la considération dûe aux ainés ni dans la pratique lucide du pouvoir exercé par ceux qui confondent subalternes et citoyens, encore moins dans la tradition des valeurs héritées des grands commis de l’Etat. On ne serait pas arrivé à ces extravagances si comme de coutume les membres de l’APW avaient reçu quelques jours avant une copie du rapport détaillé présenté par le Directeur de l’Habitat et des autres intervenants concernés par l’ordre du jour de la session.
Cela aurait permis aux élus de préparer sereinement les questions et d’ d’enrichir les débats.
Nous nous sommes adressés au secrétariat de l’APW qui nous avoua ne pas posséder ne serait ce qu’une seule copie de ce bilan. Un comble pour une institution qui jouit de larges prérogatives.

LE NON RESPECT DES DÉLAIS DE LIVRAISON : POINT COMMUN ENTRE L’ENSEMBLE DES CHANTIERS DE LOGEMENT

Cette parenthèse fermée, revenons aux débats qui ont marqué la plénière consacrée au dossier sensible de l’Habitat.
Les principales remarques que l’on retiendra concernent les anciens projets LSP en souffrance et dont les promoteurs ont maille à partir avec la Justice suite aux plaintes des souscripteurs.
Certains projets ont dû être confiés à l’OPGI pour leur achèvement.
D’autres cas litigieux en rapport avec la situation juridique des terrains entravent la réception des logements.
Le programme L.P.A.
connait lui aussi quelques perturbations après le changement de version.
En fait la plupart des contentieux remontent à plusieurs années et il semble que le rythme de régularisation ne satisfait pas pleinement les élus qui ont remis sur le tapis certaines doléances de citoyens agacés par les retards.
Une débauche de chiffres et de statistiques tous projets confondus n’implique pas forcément une embellie sur le terrain. Loin s’en faut.
L’APW a pris des délibérations pour activer la prise en charge effective de certains problèmes mais leur impact demeure à la merci des arcanes bureaucratiques.
Au final en recourant à une forme de rétention de l’information et en ne divulguant son rapport que le jour de sa présentation, à l’instar de ses collègues des autres secteurs qui sont déjà passés par le pupitre, le directeur de l’habitat a eu le beau rôle. Une façon de se prémunir des critiques.
L’APW d’Ain Temouchent peut innover en revoyant ce fastidieux rituel qui confine à l’ennui depuis plusieurs mandats. Elle est libre d’adopter un mode d’approche des dossiers plus propice au débat.
Notamment en mettant à la disposition des élus l’ensemble des rapports inhérents au domaine en question.
Pour plus de transparence de clarté et de compréhension.

Saïd Mouas

 

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