
La justice a condamné, ce lundi, un homme de 58 ans, résident de la commune de Bordj El Kiffan à Alger, à deux ans de prison, dont une année avec sursis, assortis d’une amende de 100 000 dinars. Il s’agit de Kamel B., père de famille, poursuivi pour avoir diffusé sur Facebook des accusations graves à l’encontre de la Gendarmerie nationale, portant atteinte à la réputation d’une institution de l’État.
Selon les éléments de l’enquête, l’affaire a éclaté le 24 mai 2025 lorsqu’un live vidéo posté sur Facebook par le mis en cause, sous le nom de « Kamel Badjoudj », a attiré l’attention des services spécialisés. Dans cette vidéo, il accusait les gendarmes de la brigade territoriale de la « Zone Verte » d’Alger de complicité, de partialité et de négligence dans l’exercice de leurs fonctions, allant même jusqu’à les accuser de corruption.
Suite à ces propos, une enquête a été ouverte. Le 26 mai à 11h, le suspect a été interpellé à proximité de son domicile. La fouille de son téléphone portable a confirmé sa responsabilité dans la publication de plusieurs vidéos compromettantes, dont une diffusée en direct le 27 avril 2025, dans laquelle il ciblait nommément les gendarmes et filmait leur intervention, ainsi que leur véhicule, sans aucune autorisation.
Les vidéos, d’une durée de près de neuf minutes chacune, montraient l’accusé accusant les éléments de la Gendarmerie d’avoir expulsé une femme de son domicile par la force, et de répondre sélectivement aux appels selon l’identité des plaignants. Il affirmait notamment : « Ces gendarmes de la Zone Verte prennent des pots-de-vin, je ne sais même pas si c’est l’État ou des privés qui les paient… »
Lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Dar El Beïda, le prévenu a tenté de se rétracter. Il a reconnu avoir filmé et publié les vidéos, mais a affirmé ne pas être conscient d’avoir utilisé la fonction « direct » sur Facebook. Il a également admis ne disposer d’aucune preuve pour étayer ses accusations.
La cour a néanmoins retenu contre lui les charges de diffusion volontaire de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public, d’atteinte à la réputation d’un corps constitué et d’utilisation illégale de technologies de l’information. Le tribunal l’a également condamné à verser une indemnisation de 100 000 DA au profit du Trésor public pour le préjudice causé.
Rédaction Web


