
Dans la plaine de Boutlélis, l’olivier n’est pas qu’un arbre: il est un héritage. Pourtant, ce patrimoine vert de la wilaya d’Oran, est menacé par un ennemi discret mais vorace : le coléoptère. Scolyte, otiorhynque…
Sous ces noms savants se cachent de petits insectes capables de ravager des vergers entiers si l’on n’y prend garde. Face à ce péril rampant, les autorités agricoles ont décidé de passer à l’offensive. L’inspection phytosanitaire de la direction des services agricoles (DSA) d’Oran multiplie ces derniers jours les visites de terrain, épaulée par la station régionale de protection des végétaux et la subdivision agricole de Boutlelis.
L’objectif est de passer au crible les oliveraies de la région, diagnostiquer les maux et prodiguer les bons gestes. Dans ce combat, les techniciens ne sont pas seuls : les spécialistes de l’Institut national de la protection des végétaux (INPV) apportent leur expertise pour conseiller les oléiculteurs sur le choix des variétés les mieux adaptées au climat oranais et sur les pratiques agricoles durables.
La lutte contre ces insectes ravageurs emprunte des chemins aussi variés que complémentaires. Exit les solutions chimiques systématiques : place à une approche raisonnée, où l’agronomie dialogue avec la biologie. L’élimination rigoureuse des bois de taille par brûlage ou broyage, constitue la première ligne de défense. Vient ensuite le piégeage des adultes, méthode ancestrale mais efficace.
Quand l’infestation impose le recours aux insecticides, les autorités veillent à ce que seuls les produits autorisés soient utilisés ou alternatives plus douces. Mais la grande révolution silencieuse se joue peut-être sous terre. La lutte biologique fait en effet appel à des alliés inattendus : des nématodes, ces vers microscopiques entomopathogènes que l’on applique au sol pour qu’ils traquent et détruisent les larves. Une armée invisible mais redoutable, qui évite les ravages collatéraux des pesticides sur l’environnement.
Au-delà de la réponse d’urgence, c’est une philosophie qui s’installe. Les équipes de l’INPV ne se contentent pas d’intervenir quand le mal est fait. Leur mission est plus ambitieuse : former, sensibiliser, prévenir. Elles sillonnent les exploitations, observent les vergers, conseillent sur la conduite culturale et encouragent l’adoption de méthodes respectueuses de l’équilibre naturel. L’objectif affiché est de réussir l’expansion des oliveraies oranaises tout en améliorant la productivité et, surtout, la qualité des récoltes.
Cette synergie entre recherche et terrain porte déjà ses fruits, redonnant à l’oléiculture locale ses lettres de noblesse. Les spécialistes le savent : l’olivier est un arbre patient, qui exige des soins constants.
Ilyès N.


