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Chili : L’ex-président Frei n’a pas été empoisonné, tranche la Cour suprême

La Cour suprême du Chili a  définitivement estimé vendredi que le décès en 1982 de l’ex-président  Eduardo Frei Montalva, opposant de la dictature d’Augusto Pinochet  (1973-1990), n’était pas un assassinat par empoisonnement, et a confirmé  l’acquittement des six personnes condamnées en première instance.

La plus haute instance judiciaire du pays a estimé, dans son arrêt, que la  thèse de l’assassinat ne reposait sur aucune preuve suffisante, les  rapports d’expertise se caractérisant par « l’absence de certitude dans  leurs affirmations concernant l’existence d’une intoxication comme cause de  la mort ».
Eduardo Frei Montalva, qui avait gouverné le Chili de 1964 à 1970, est  décédé le 22 janvier 1982 à 71 ans d’une infection généralisée dans la  clinique privée Santa Maria où il avait été hospitalisé pour une  intervention chirurgicale considérée comme bénigne, selon la version  officielle de l’époque.
Mais sa famille et des groupes d’opposants à la dictature de Pinochet  soupçonnaient un assassinat commandité par le régime militaire, qui  commençait alors à affronter les premières manifestations de mécontentement  social et qui aurait vu en l’ancien président un potentiel leader de la  dissidence.
Le 30 janvier 2019, après plus de quinze ans d’enquête, un juge de  première instance avait reconnu six personnes coupables d' »homicide à la  suite d’une intervention chirurgicale », et avait condamné à dix ans de  prison le médecin Patricio Silva Garin coupable, selon le magistrat,  d’avoir administré du poison à M. Frei pendant l’opération.
Mais deux ans plus tard, le 25 janvier 2021, ce jugement avait été infirmé  par la Cour d’appel, et les six accusés, parmi lesquels l’ancien chauffeur  de l’ex-président et taupe des services de renseignement Luis Becerra  Arancibia et un ancien agent secret, Raul Lillo Gutierrez, avaient été  acquittés.
La famille de M. Frei Montalva et le Parti de la Démocratie chrétienne,  auquel l’ancien président appartenait, s’étaient pourvus en cassation, mais  la Cour suprême a rejeté vendredi leurs arguments et définitivement  confirmé la décision de la Cour d’appel.
Trois des personnes condamnées en première instance, dont le Dr Silva  Garin, sont décédées durant la procédure.

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