
La réhabilitation des prestigieux quartiers d’Oran, véritables pans de l’histoire contemporaine de la cité éponyme de Sidi El Houari, tarde à se concrétiser sur le terrain.
Certains d’entre-eux ont été pourtant inscrits sur la feuille de route par les responsables concernés, qui se sont succédé au cours de ces trois dernières décennies. Hélas, la pénible réalité du terrain offusque le plus imperturbable des observateurs.
Les opérations de démolition, formule la plus facile, ont constitué les principales actions ayant été effectuées et ce, sans pour autant tenter de récupérer à bon escient les assiettes des immeubles où autres bâtisses démolies. Ce déplorable état de fait est visible à l’oeil nu dans les quartiers Derb, Sidi El Houari, Plateau St Michel où encore à Gambetta entre autres, où, suprême ironie, de nombreuses familles sédentaires sollicitent la restauration de leur lieu de résidence en s’opposant farouchement à la démolition de leur point de repère.
« Ed Derb est mon quartier natal où j’y habite toujours et où il n’y a jamais été mené une quelconque opération de restauration en dehors des démolitions. La qualification de vieux bâti n’est en fait, à mon humble avis, et en toute vraisemblance, qu’un prétexte farfelu pour justifier l’indigence des esprits en termes d’études de réhabilitation du vieux bâti L’état de déliquescence de mon lieu natal et de résidence reflète parfaitement à lui seul l’image de ce malheureux piètre constat, relevé dans les vieux quartiers d’Oran.» a commenté avec un vif désappointement un retraité de la fonction publique demeurant à Derb depuis le début de l’année 1970.
Notre interlocuteur a encore ajouté «des natifs du quartier Derb, installés à l’étranger, ont eu les larmes aux yeux en constatant lors de leur visite la dégradation avancée de leur ancien lieu de résidence. Ils étaient outrés par l’insolente indifférence des autorités locales à l’égard de tout ce grand patrimoine livré aux mignardises de la nature, qui n’a jamais été ciblé par une quelconque opération de restauration ».
En toute vraisemblance, l’engouement de l’extension de la ville vers sa région Est, semble avoir constitué l’essentiel de l’argument du renvoi aux calendes grecques d’un aménagement visant à restaurer ses incontournables repères d’Oran. La répugnante décrépitude des grands boulevards d’Oran, qui jadis n’avaient rien à envier aux grandes métropoles du Vieux continent, comme à titre d’exemple ceux de Mohamed Khemisti (exl’Alsace Lorraine), Larbi Ben M’hidi (ex-rue d’Arzew) ou encore la voûte séculaire des Arcades entre autres, suscite un pincement aux coeurs chez les anciens habitants.
La moindre petite averse met à nu les carences en matière d’absence presque quasi-totale d’entretien et ce, en exposant les piétons au même titre que les automobilistes à moult désagréments. Les nids de poules et autres cratères tapissant les rues et les boulevards, se transforment au moindre crachin en de véritables marécages où la circulation devient très difficile, voire impossible. Au niveau des quartiers cités en préambule, c’est à de véritables inondations auxquelles sont pitoyablement confrontés les riverains.
« Ce piètre constat n’est fort malheureusement, que le fruit d’un manque de considération pour la restauration du patrimoine de la ville. C’est aberrant en partant du fait que dans un passé encore vivace, Oran a été classée parmi l’une des plus belles cités du bassin méditerranéen » a fait remarquer sur un ton acide un vieux riverain du quartier de Sidi El Houari où tout un pan s’effrite insidieusement comme une peau de chagrin et ce, à la faveur d’une multitude de bâtisses démolies des années auparavant et dont les superficies, qui les ont abrité, se sont transformées en décharges sauvages.
Un ridicule outrancier enfanté par l’absence de conscience des uns et des autres ayant eu à gérer le dossier inhérent. Nombre d’autres interlocuteurs, résidents dans les vieux quartiers d’Oran, ont mis l’accent sur l’urgence de sauver ce qui reste des meubles à travers des actions destinées notamment à tenter de juguler l’apocalyptique enlaidissement et l’insidieuse déchéance du coeur de la capitale de l’Ouest.
Rachid Boutlélis


