
Cinq familles se retrouvent à la rue après l’effondrement total des toitures de leurs habitations, sises dans l’un des quartiers le plus ancien d’Oran, Ibn Sina (ex-Victor Hugo).
Depuis que la bâtisse avait été classée dans la catégorie «Rouge», les cinq familles ont été contraintes d’élire domicile sous des bâches en plastique, à hauteur du 36 rue de Batna, en attendant les mesures à prendre par l’administration locale quant à leur éventuel recasement. Une attente qu’ils éprouvent avec beaucoup d’amertume, sous ces bâches en plastique de près de 3 mètres de longueur sur 1,5 de largeur.
Cette bâtisse, qui appartient à un particulier, se trouve dans un état des plus précaires, après avoir subi des effondrements partiels successifs ces dernières années, ayant même nécessité l’intervention de la Protection civile qui a notifié l’état de sinistre par procès verbal. Parmi ces familles, pas moins de 15 enfants dorment à la belle étoile.
Etant étroite, les nuits dans cette rue provoquent les pires sensations de crainte à chaque passage de véhicule. Tout en dénonçant leurs conditions de vie précaires, les familles réclament un relogement d’urgence tout en dressant leurs tentes soutenues par le mur d’une nouvelle mosquée en construction en face de leur ancien domicile. Chaque petite averse fait des ravages souvent irrémédiables. Face à cet état de fait, ces familles sinistrées qui se disent «oubliées» n’hésitent plus à recourir à la rue pour exprimer leur désarroi.
«Nous vivons un danger permanent dans ces tentes de fortune», a déploré une occupante, mère de deux enfants en bas âge, ajoutant que «nous ne pouvons pas fermer l’oeil, de crainte d’être percutés par les véhicules de passage», ajoutant, «lorsqu’il pleut, cet abri d’urgence est inondé d’eau pluviale.
Aucun secteur n’est épargné par le phénomène d’abris de fortune que des familles dressent hâtivement, parce qu’elles ont été expulsés ou pour se protéger des risques réels d’écroulement partiel ou total de leurs habitations.
Du reste, une bonne partie des quartiers «populaires» est menacée par le risque d’effondrements et où des centaines de familles continuent à vivre dans la crainte du drame (sur les 54.000 constructions classées vieux bâtis, 10% sont destinées à la destruction et 27% nécessitent une réhabilitation, selon les estimations). Cela, en dépit des efforts des autorités locales et des multiples opérations de relogement dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire (RHP). Oran, ce sont près de 2.000 immeubles qui sont classés zone rouge, menaçant de s’écrouler à tout moment.
Rayen H


