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En attendant la démolition de tous les chalets en préfabriqué : le danger de l’amiante guette encore des établissements scolaires

Les services techniques de l’APC d’Aïn El Türck ont procédé, mardi dernier, à la démolition de salles de classes délabrées construites, durant le siècle dernier sous forme de chalets en préfabriqué, au sein d’un CEM.

«Sur instruction du wali d’Oran, Saïd Saayoud, et afin de préserver la sécurité des élèves, les services municipaux procèdent actuellement à la démolition de salles de classe du CEM Kada Ben Djilali, dont la durée de vie est arrivée à expiration, sous la supervision du président de l’APC d’Aïn El Türk et du chef de service de l’urbanisme et de la construction», affirme un communiqué publié, mardi 15 novembre, par l’APC d’Aïn El Turck. Avant leur démolition, ces chalets délabrés en préfabriqué arrivés à un stade de vétusté avancée, accueillaient des élèves qui vivaient un calvaire. Les classes étaient dans un piteux état. Tous les parents s’accordent à dire que ce préfabriqué est «désastreux et catastrophique» .
A ces problèmes s’ajoutent «les moisissures qui gangrènent des murs décrépis», martèle un parent d’élève. Au-delà de la précarité et de l’insalubrité qui affectent les écoles construites en préfabriqué dont la durée de vie ne doit en aucun cas dépasser 30 ans, c’est surtout la présence de l’amiante utilisée comme isolant qui expose les élèves et le personnel à un danger sanitaire à Oran. Les pouvoirs publics vont-ils gagner la bataille du préfabriqué dans les établissements scolaires ? Le combat sera de longue haleine. Et pour cause, à l’instar d’autres wilayas, le secteur de l’éducation à Oran a plus que jamais besoin d’une cartographie pour répertorier toutes les écoles dont les matériaux de construction contiennent de la fibre de l’amiante. Beaucoup d’écoles contenant de l’amiante et datant de l’ère coloniale ont été démolies par les différences APC. C’est le cas du Technicum de Haï Fellaoucen (Barki) et d’une école située dans le secteur urbain Es-Seddikia, qui ont été récemment démolis. Mais, la liste des établissements qui restent à démolir pour cause de l’amiante est longue.
Que ce soit à Aïn El Bia, à El Ançor ou encore à Haï Nedjma (ex-Cheteibo), les écoles construites en préfabriqué doivent faire l’objet d’un diagnostic qui permet de localiser la présence du matériau et de lister les travaux réalisés dont notamment l’amiante. Ce matériau se trouve dans les faux plafonds, sur les tuyauteries, dans la colle de carrelages… «Tant qu’elles ne se retrouvent pas dans l’air, les fibres ne présentent pas de danger. Mais l’amiante se dégrade, ce qui augmente les risques d’exposition pour les enfants et le personnel. Une exposition peut entraîner des fibroses mais aussi des cancers broncho-pulmonaires ou des mésothéliomes – cancers spécifiques à l’amiante. Les maladies se déclarent 30 à 40 ans après l’exposition. Toutes les variétés d’amiante sont cancérigènes», explique le Dr. Haddouche, médecin généraliste exerçant dans un cabinet privé dans le secteur urbain Sid El Bachir, à Oran.
«De plus, alors que la réalisation de travaux, qui est un facteur de risques, est encadrée par un diagnostic spécifique, la maintenance courante est souvent faite par un personnel non formé», déplore ce médecin.
Ilyes. N

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