Santé & Bien-être

Épilepsie résistante : cette nouvelle thérapie qui redonne de l’espoir

Une thérapie non invasive par rayons X pourrait réduire la survenue des crises épileptiques chez les patients atteints de formes résistantes.


L’ESSENTIEL

  • La radiothérapie par microfaisceaux est une nouvelle technique basée sur le microfractionnement spatial de rayons X à haut flux qui « sont capables de léser uniquement les zones ciblées. »
  • Chez des souris présentant une épilepsie mésio-temporale, une forme pharmacorésistante, cette thérapie a réduit les crises focales, enregistrées par électroencéphalogramme, pendant deux mois.
  • La distribution de la dose sous plusieurs angles optimise l’effet thérapeutique.

En cas d’épilepsie, des antiépileptiques, régulant l’activité électrique de certaines zones du cerveau, sont prescrits. Problème : un tiers des personnes épileptiques, en particulier celles atteintes d’épilepsie mésio-temporale, restent résistants aux médicaments. Dans ce cas, la chirurgie résective (c’est-à-dire qui cible et résèque la zone cérébrale affectée) est envisagée, mais elle est très invasive et comporte des risques importants, selon des scientifiques de l’Inserm et de l’Université Grenoble Alpes.

Épilepsie : « des doses de rayons X très élevées permettant de léser uniquement les zones ciblées »

Dans une nouvelle étude, les auteurs ont voulu explorer le potentiel de la radiothérapie par microfaisceaux, une nouvelle technique basée sur le microfractionnement spatial de rayons X à haut flux, comme alternative non invasive pour traiter une épilepsie pharmacorésistante. « Concrètement, les chercheurs utilisent un synchrotron, un instrument électromagnétique de grande taille, pour diviser un faisceau de rayon X en microfaisceaux extrêmement fins (50 µm, soit l’épaisseur d’un cheveu). Ces microfaisceaux sont capables de délivrer localement et méticuleusement des doses de rayons X très élevées, permettant de léser uniquement les zones ciblées, tout en épargnant les tissus voisins », explique l’équipe dans un communiqué de l’Inserm.

Pour tester cette thérapie non invasive par rayons X, les scientifiques ont mené des expériences sur des souris mâles atteintes d’épilepsie mésio-temporale induite par injection de kaïnate dans l’hippocampe dorsal. Les rongeurs ont bénéficié de la radiothérapie par microfaisceaux, avec une trajectoire unique (doses maximales de 125-500 Gy) ou des trajectoires multiples (2 ou 5 ports à une dose maximale cumulée de 125 Gy au niveau de la cible). Leurs crises focales ont ensuite été surveillées à l’aide d’un électroencéphalogramme pendant 8 semaines, après quoi une immunochimie a été réalisée pour évaluer la potentielle toxicité tissulaire.

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