
L’escalade au Moyen-Orient et dans le Golfe se poursuivait vendredi pour le 28e jour consécutif avec des répercussions désastreuses sur la sécurité alimentaire à l’échelle mondial ainsi que sur l’acheminement des fournitures médicales, au moment où les initiatives diplomatiques et les appels à une reprise des négociations pour trouver une issue rapide au conflit dans la région se multiplient.
L’économiste en chef de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M?ximo Torero, a déclaré jeudi que le conflit qui s’intensifie dans la région du Golfe, «provoque l’une des perturbations les plus rapides et les plus sévères des flux mondiaux de produits de base des temps récents».
La guerre affecte la production alimentaire et la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale, ayant des répercussions non seulement sur les agriculteurs, mais aussi sur les travailleurs migrants, a dit M. Torero aux journalistes au siège de l’ONU à New York.
Depuis le 28 février, le trafic de navires-citernes dans le détroit d’Ormuz a chuté de 95 %. En temps normal, 35 % du pétrole brut mondial soit 20 millions de barils ainsi que 30 % du commerce d’engrais et un cinquième du gaz naturel liquéfié transitaient chaque jour par ce corridor maritime stratégique.
En conséquence, les agriculteurs sont confrontés à un «double choc» provoqué par la flambée des prix des engrais et du carburant, deux éléments essentiels à la production agricole.
De son coté, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a averti sur le fait que les perturbations liées aux conflits au Moyen-Orient sur les principales voies de transport internationales retardent l’acheminement de fournitures médicales essentielles à la santé reproductive des femmes et des filles en situation de crise humanitaire à travers le monde.
«Le conflit a perturbé les voies d’acheminement essentielles à la distribution des produits de santé reproductive et maternelle», a déclaré Eric Dupont, chef par intérim de l’Unité de gestion de la chaîne d’approvisionnement de l’UNFPA. «Entre les difficultés logistiques, l’envolée des coûts de transport et l’allongement des délais de livraison, notre capacité à atteindre les femmes et les filles les plus vulnérables est mise à rude épreuve», a-t-il souligné.
Par ailleurs, la poursuite de l’escalade au Moyen-Orient a fortement perturbé le trafic aérien international, contraignant les compagnies aériennes à modifier leurs itinéraires et à éviter l’espace aérien de la région, ce qui a entraîné un allongement des temps de vol et une hausse significative des coûts d’exploitation et de carburant. Dans ce contexte, des initiatives visant à privilégier les solutions pacifiques et à ouvrir des voies de négociation permettant de mettre fin au conflit se font de plus en plus nombreuses.
Ainsi, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a révélé l’existence de pourparlers indirects entre les parties concernées, sous médiation de son pays, dans le but de mettre un terme au conflit au Moyen-Orient.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a, pour sa part, appelé la communauté internationale à encourager les parties au conflit à revenir à la table des négociations et à trouver des moyens efficaces pour parvenir à un règlement politique, affirmant que la Chine peut jouer un rôle constructif à cet égard.
Dans le même esprit, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a réaffirmé l’engagement de son pays à protéger les civils, à promouvoir la désescalade, à éviter un enlisement du conflit et à limiter ses répercussions sur l’économie mondiale, les chaînes d’approvisionnement et l’industrie, tout en exprimant sa disposition à œuvrer en faveur d’un cessez-le-feu et du renforcement de la paix et de la stabilité dans la région.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a, quant à lui, insisté sur la nécessité de conjuguer les efforts régionaux et internationaux pour contenir la situation, soulignant que la voie de l’apaisement, de la désescalade et des solutions diplomatiques constitue le seul moyen de faire face à la crise actuelle.
Une position également exprimée par le roi de Jordanie, Abdullah II, qui a mis en avant l’importance d’intensifier les efforts internationaux pour réduire les tensions dans la région à travers le dialogue et les canaux diplomatiques.


