
Le Festival international du théâtre de Bejaïa n’a pas omis de réserver un coin de scène aux enfants qui ont droit, cette année encore, à des contes ainsi qu’à des pièces de théâtres. La pièce présentée par la troupe du Théâtre régional de Constantine, vendredi dernier, à la Maison de la culture Taos-Amrouche, n’est pas anodine puisqu’il s’agit d’une adaptation du célèbre roman de Victor Hugo «Le bossu de Notre-Dame».
La petite salle de la maison de la culture s’est ainsi emplie d’un jeune public aussi ravi qu’assoiffé d’animation culturelle qui leur soient spécialement destinées. L’histoire n’est pas très différente de l’originale, même si elle est simplifiée et élaguée de son côté trop dramatique pour privilégier les scènes plus rigolotes et joyeuses que recherchent les enfants.
Le décor simule le paysage urbain d’une ville avec des immeubles, une chambre et un espace vide représentant une rue. 8 comédiens, dont 3 femmes, donnent vie à cette narration : le maire de la ville, le chef de la police et deux de ses adjoints, une vieille femme, deux jeunes gitanes et un bossu. Seuls portent un nom propre le bossu, Quasimodo, et une jeune gitane, Esmeralda, qui sont dans le roman de Victor Hugo les vrais héros de l’histoire. Les 2 gitanes sont vêtues de robes bariolées attirant le regard et faites pour souligner leurs mouvements de danse, car ce sont des artistes de rue.
Les agents de police sont identifiés à leurs uniformes, le bossu à son infirmité et ses vêtements misérables, tandis que le maire de la ville est juché sur des échasses car c’est un haut personnage de l’État ! Dans une narration fluide et un jeu d’acteur tout en mobilité, agrémentant l’histoire de scènes gaies ou burlesques et de comptines d’enfants, la troupe du TRC, malgré des dialogues en arabe classique parfois maladroitement déclamés, a réussi à créer une ambiance féérique et captiver du début jusqu’à la fin l’attention de son jeune public qui n’a pas manqué d’ailleurs d’interagir à maintes reprises aux péripéties de l’histoire. Mais contrairement au roman de Victor Hugo, tout est bien qui finit bien pour les personnages dans la version présentée par la troupe constantinoise qui acheva sa prestation en invitant son jeune public à monter sur scène pour prendre une selfie géante. Pour son plus grand bonheur.


