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La Cnas de Sidi Bel Abbès sensibilise sur le danger de la toxicomanie dans le milieu scolaire et professionnel

Le Cisa traite 1187 toxicomanes au cours des trois derniers trimestres

Sous le slogan de « la Cnas vous accompagne à vous protéger contre les dangers des drogues », les services de l’agence locale de Sidi Bel Abbès ont organisé lundi une journée d’étude à la faculté de droit et des sciences politiques, au profit des étudiants universitaires et des patrons d’entreprises.

Une journée animée par des professeurs universitaires, le médecin de contrôle de la Cnas, un cadre de la sûreté de wilaya, un cadre de la protection civile, un imam, la responsable du centre intermédiaire des soins en addictologie de Sidi Bel Abbés et un juriste, qui ont tous tiré la sonnette d’alarme de l’ampleur de la consommation des drogues et produits psychotropes et leur commercialisation, non seulement parmi les jeunes chômeurs mais également parmi les étudiants et les fonctionnaires, qui deviennent addicts aux drogues, puis sous la pression du besoin d’argent nombreux deviennent dealer.

Les intervenants étaient unanimes à la prise de mesures pour la répression de l’usage et du trafic illicite des stupéfiants et de substances psychotropes afin d’éradiquer ce fléau et aussi d’accorder l’importance à la prévention, la sensibilisation et au traitement.

Le docteur Belaidi, médecin addictologue et responsable du centre intermédiaire des soins en addictologie, a mis en exergue le nombre de personnes venues volontairement ou par voie de justice pour un sevrage de la drogue communiquant le nombre de 1187 cas au cours des trois trimestres de l’année tout en soulignant que le nombre a connu une hausse alarmante au cours du 4éme trimestre de l’année avant sa fin, tandis qu’au cours de l’année 2023, le nombre était de 2125 cas dont 44.19% dont de la frange d’âge de 16 à 25 ans et 36% des cas sont âgés de 26 à 35 ans.

Parmi les cas 14.63% des élèves et étudiants et 33% sont des fonctionnaires et 57.68% des cas soit ont perdu leur emploi à cause de la toxicomanie soit n’ont pas pu décrocher un emploi en raison de leur addiction aux drogues. La spécialiste de la santé publique a expliqué que nombreux ceux qui s’adonnent à la prégabaline contrefaite qui trouvent difficilement l’indépendance de cette addiction malgré le sevrage, et d’autres patients sont conscients du mal et des effets néfastes de la consommation des drogues sauf qu’ils ne parviennent pas à surpasser le désir intense et aussi la tolérance aux doses pour qu’elles aient le même effet.

Beaucoup de toxicomanes souffrent de maladies cardiaques, hépatiques et aussi de maladies psychiatriques et même des cas qui ont été amputés des orteils des mains.

Elle parlera également du phénomène de l’appartenance dans le milieu universitaire et scolaire et de l’imitation des autres camarades, qui influent sur l’adolescent et le conduit à la toxicomanie.

Ces cinq dernières années, le centre Cisa prend également en charge les addictions comportementales devenues un vrai phénomène et qui fait beaucoup de victimes, notamment des internautes devenus dépendants de l’internet et des réseaux sociaux qui ont envahi toute la société.

L’intervenante soulignera que les chiffres communiqués ne reflètent pas la réalité des cas, ce qui nécessite une prise de conscience de tous afin d’éradiquer le phénomène néfaste à la société algérienne et notamment accorder l’importance à l’accompagnement psychologique des adolescents dépendants aux drogues et psychotropes et la sensibilisation et la collaboration et la lutte contre le commerce des drogues.

Pour sa part, le professeur Nafissa belkessam de la faculté de médecine a parlé de la toxicomanie en milieu universitaire et les raisons qui conduisent l’adolescent à la consommation des drogues notamment la peur de l’avenir, les problèmes familiaux et les mauvaises fréquentations. Elle axe sa communication sur une étude faite par l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, qui fait état d’un taux de 18,8% d’étudiants soit et de 3,4% d’étudiantes qui consomment la drogue en Algérie, ce qui porte le nombre à 13 400 étudiants, dont 3 100 étudiantes et par ailleurs les femmes représentent 11,86% des personnes addicts à la drogue.

Une autre étude indique que la consommation de la cocaïne a connu une hausse de 200%, entre les 10 premiers mois de l’année 2021 et ceux de 2020 et un taux de progression de 100% pour le reste des drogues, notamment les psychotropes qui ont tendance à dépasser la consommation du cannabis, tandis que 11,5% font le commerce de la drogue dans l’enceinte universitaire.

Parmi les toxicomanes, 14% ont affirmé éprouver un sentiment de bien-être, 18% ont le sentiment de regret.

Alors que 10% ressentent de l’angoisse. Le professeur expliquera que l’addiction aux drogues commence par le choix du tabac et du cannabis pour leur prix abordable, puis le consommateur s’oriente vers les drogues dures et les psychotropes. Cette consommation a tendance à devenir de plus en plus précoce, puisqu’elle a atteint les écoles primaires, a-t-elle révélé.

Pour finir elle appellera à mettre en oeuvre des programmes de prévention de l’abus des drogues en vue de l’élimination de la demande, et des programmes de réadaptation et de réinsertion sociale des toxicomanes. L’imam a quant à lui parlé de la toxicomanie qui est totalement proscrite par la religion islamique vu les nombreux méfaits qui font atteintes à notre société musulmane.

Fatima Atmani

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