
L’ancien maire de Bir Khadem, A. Djamel, comparaîtra en appel devant la première chambre pénale du tribunal d’Alger, aux côtés de plusieurs employés de la mairie : B. F., membre de la commission des marchés, W. H., directeur des finances, A. A., agent administratif, et B. M., chargée d’études au bureau des marchés. Deux entrepreneurs privés, B. N., propriétaire d’une entreprise de matériel paramédical, et A. T., propriétaire d’une entreprise privée, sont également impliqués.
L’affaire a été programmée après que les accusés ont été jugés en première instance au tribunal de Bir Mourad Raïs en janvier dernier. L’ancien maire et ses collaborateurs sont poursuivis pour passation de marchés illégaux avec des entreprises privées, portant sur l’achat de citernes d’eau et de masques pendant la pandémie de Covid-19, avec des factures gonflées ayant causé d’importantes pertes financières pour la wilaya, selon un rapport d’expertise de l’Inspection générale des finances (IGF).
Les charges retenues contre eux sont des infractions prévues par la loi sur la lutte contre la corruption et la prévention de celle-ci, notamment l’abus de fonction, le détournement de fonds publics, l’octroi d’avantages indus dans l’attribution des marchés publics, ainsi que la falsification et l’usage de faux documents administratifs. Quant aux entrepreneurs poursuivis, ils sont accusés d’avoir bénéficié d’avantages indus dans le cadre des marchés publics.
L’ancien maire de Bir Khadem nie les accusations
Lors de son audience devant le tribunal correctionnel, l’ancien maire, actuellement en détention provisoire à la prison d’El Harrach, a nié toutes les accusations portées contre lui. Il a affirmé que la commission des marchés publics qu’il présidait agissait conformément à la loi et que les contrats avaient été conclus dans l’urgence, en réponse aux directives de la wilaya durant la pandémie.
Concernant les soupçons de surfacturation, il a expliqué que le prix des masques était très élevé à l’époque et que les citernes d’eau étaient nécessaires en raison de la crise sanitaire et du manque d’eau, notamment pour la rentrée scolaire. Il a également déclaré que l’entreprise d’A. T., qui avait fourni les citernes, avait failli se retirer du marché en raison de la pression et des contraintes liées à la crise sanitaire.
Les autres accusés rejettent également les accusations
Les autres prévenus ont aussi nié leur implication. A. A., agent administratif, a affirmé qu’il n’avait falsifié aucun document et qu’il se contentait d’enregistrer les données des entrepreneurs. De son côté, B. N., propriétaire de l’entreprise de matériel paramédical, a expliqué qu’elle avait fourni des masques de bonne qualité à des prix raisonnables, sans bénéficier d’aucun privilège.
A. T., entrepreneur privé, a quant à lui déclaré avoir fourni des citernes d’eau potable à plusieurs communes, conformément aux normes et aux analyses d’un laboratoire d’État à Boumerdès, et n’avoir falsifié aucun document.
À la fin du procès, tous les accusés ont demandé leur acquittement, affirmant être victimes d’une affaire montée de toutes pièces pour les impliquer injustement.


