
Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, a souligné, samedi soir à l’ouverture des travaux du colloque national intitulé » Le manuscrit amazigh rédigé en caractères arabes », organisé dans la commune de Boussemghoun, dans la wilaya récemment créée d’El Abiodh Sidi Cheikh, que le choix du thème était l’expression d’une vision nationale qui met en valeur l’unité du patrimoine algérien.
» Le choix de la thématique des manuscrits à contenu amazigh, dans ses différentes variantes et transcrits en caractères arabes à travers diverses périodes historiques, n’est pas un choix fortuit, mais l’expression d’une vision nationale consciente qui prend en considération l’unité du patrimoine algérien et la complémentarité de ses composantes », a-il-précisé.
Dans son allocution prononcée à l’occasion de cet événement scientifique, académique et culturel organisé par le HCA en coordination avec les autorités locales des wilayas d’El Abiodh Sidi Cheikh et d’El Bayadh, sous le slogan » Le manuscrit amazigh : l’encre de l’identité et la mémoire de l’histoire », et coïncidant avec la célébration de la Journée nationale du livre et de la bibliothèque,(7 juin), M. Assad a souligné que le choix de ce thème important » traduit l’engagement du Haut-Commissariat à l’Amazighité à contribuer activement à l’effort national visant à protéger, préserver, valoriser et transmettre aux générations futures le patrimoine culturel national, matériel et immatériel ».
Il a ajouté : » Les manuscrits ne sont pas de simples vestiges du passé. Ils constituent la mémoire d’une nation et un témoignage vivant du parcours scientifique, intellectuel et créatif qu’a connu l’Algérie à travers les siècles. Ils attestent également de la riche interaction historique entre l’arabe et l’amazigh dans la production et la transmission du savoir, reflétant ainsi la profondeur de la personnalité algérienne et l’unité de ses sources civilisationnelles et culturelles. ».
Le même intervenant a indiqué que le choix de la commune de Boussemghoun pour accueillir cette manifestation constitue » un choix chargé d’une symbolique historique et culturelle authentique et un renouvellement de l’attachement à la mémoire nationale dans l’un de ses bastions les plus enracinés ».
Evoquant la Journée nationale du livre et de la bibliothèque, célébrée chaque 7 juin et coïncidant avec la tenue de ce colloque sur le manuscrit amazigh, M. Assad a déclaré : » Cette journée a été voulue par le président de la République, M Abdelmadjid Tebboune, comme une étape nationale annuelle destinée à célébrer le livre et ceux qui le servent, à renouveler l’attachement aux valeurs du savoir et de la connaissance et à promouvoir la culture de la lecture dans la société, en tant que pilier essentiel de la construction de l’Algérie victorieuse. »
M. Si El Hachemi Assad a conclu son intervention en soulignant que » la responsabilité de la protection et de la valorisation du patrimoine national est une responsabilité collective partagée par tous, institutions et organismes officiels, associations, zaouïas, chercheurs et citoyens.
»Il s’agit d’un devoir national et d’un acte de citoyenneté qui exige la conjugaison des efforts et la complémentarité des initiatives afin de transmettre ce précieux héritage aux générations futures dans les meilleures conditions », a-t-il soutenu.
Les activités de ce colloque national, inauguré par le secrétaire général du HCA, en présence des autorités locales des wilayas d’El Abiodh Sidi Cheikh et d’El Bayadh à la salle polyvalente » Ahmed Ben Bella », se
poursuivront avec la participation d’un groupe distingué d’universitaires et de chercheurs issus de laboratoires de recherche nationaux, d’institutions spécialisées dans le patrimoine et l’histoire nationale, d’associations œuvrant dans le domaine du patrimoine, ainsi que de détenteurs de collections de manuscrits et d’autres acteurs concernés.
Les séances scientifiques et académiques, prévues dimanche et lundi, s’articuleront autour de cinq axes principaux : » Le manuscrit amazigh dans son contexte historique », » Les caractéristiques linguistiques et philologiques », » Le manuscrit entre religion et société », » La conservation et la valorisation », ainsi que » Le manuscrit à l’ère du numérique », qui mettra en lumière l’importance de la numérisation des manuscrits, les stratégies de publication et de valorisation culturelle, ainsi que le rôle des institutions nationales et locales.
Des ateliers thématiques et pratiques sont également programmés.
Cette manifestation culturelle et scientifique, qui a connu une participation qualitative remarquable, comprend également l’ouverture de plusieurs expositions sur l’esplanade de la résidence communale de Boussemghoun » Dar Chouhada du 12 avril 1958 », située à proximité du vieux ksar de Boussemghoun.
Parmi ces expositions figurent des présentations de livres et de manuscrits amazighs, des expositions consacrées à l’artisanat et aux industries traditionnelles, ainsi qu’aux arts plastiques.


