
À Arzew, les atteintes à l’environnement sont multiples et préoccupantes. Depuis des décennies, l’Oued El-Mohgoun est victime d’un déversement massif d’eaux usées en provenance notamment de la localité El Guessibat, située à la limite de la commune de Sidi Benyebka.
Ce phénomène, aggravé par les constructions illicites non raccordées au réseau d’assainissement, a transformé ce cours d’eau en un véritable foyer de pollution, constituant une catastrophe écologique et sanitaire pour les habitants et l’écosystème.
Face à cette situation alarmante, l’Assemblée populaire communale, (APC), d’Arzew a franchi un cap en lançant officiellement un projet d’aménagement de l’Oued El-Mohgoun.
L’entreprise chargée des travaux a été installée, marquant ainsi le début d’un chantier stratégique qui s’annonce comme l’un des plus ambitieux de la ville.
L’objectif central de ce projet est de mettre un terme définitif au déversement à ciel ouvert des eaux usées dans la vallée.
Pour ce faire, un système de canalisations souterraines couvertes sera mis en place le long du canal, permettant de détourner et de traiter les eaux polluées.
Cette initiative vise à éliminer le phénomène d’accumulation des eaux stagnantes, qui pèse depuis des années sur la santé des habitants et sur les finances publiques, contraintes à des interventions coûteuses mais temporaires.
Au-delà de l’assainissement, ce projet s’inscrit dans une vision urbaine et environnementale innovante : la transformation du lit de Oued El-Mohgoun en une rivière marine propre.
Alimentée par un pompage d’eau de mer, elle deviendra un espace paysager esthétique et un repère urbain, à la hauteur du statut d’Arzew, ville stratégique et vitrine du développement régional.
Cette initiative illustre la nouvelle orientation de l’APC d’Arzew, qui privilégie désormais des solutions radicales et durables aux problèmes environnementaux et urbains, plutôt que des interventions partielles et temporaires.
En s’attaquant aux causes profondes de la pollution et de la dégradation urbaine, les autorités locales affirment leur volonté de traduire leurs engagements en actions concrètes, loin des discours populistes ou des simples diagnostics sans issue.
Le projet Oued El-Mohgoun est aussi la preuve qu’une planification réfléchie, fondée sur la coordination institutionnelle et le travail de terrain, constitue la seule voie pour amorcer une véritable transformation qualitative du développement local.
Si ce chantier représente un immense soulagement pour les habitants directement touchés par les nuisances du canal, il ne constitue qu’un premier jalon.
D’autres projets structurants devraient suivre, dessinant progressivement un nouveau visage pour Arzew.
Ainsi, la réhabilitation de l’Oued El-Mohgoun n’est pas seulement une réponse à une urgence écologique; elle incarne une vision d’avenir, conciliant développement urbain, respect de l’environnement et amélioration du cadre de vie.
Ilyès.N


