Santé & Bien-être

Les vertus méconnues des traitements de la goutte

Chez les personnes atteintes de la goutte, la prise de traitements hypouricémiants réduit le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral.


L’ESSENTIEL

  • Pour réduire le taux d’acide urique dans le sang et dissoudre les dépôts de cristaux d’urate, les personnes atteintes de goutte prennent des médicaments hypouricémiants.
  • En plus de réduire les crises, ces traitements diminuent le risque d’événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ou décès d’origine cardiovasculaire) chez certains patients.
  • Ce lien est plus prononcé chez les patients présentant un risque cardiovasculaire élevé et très élevé.

Provoquant des douleurs intenses et des gonflements articulaires, la goutte est maladie chronique causée par l’hyperuricémie, à savoir la présence d’un excès d’acide urique dans le sang. « Des microcristaux d’acide urique peuvent alors se déposer dans les articulations et les tissus qui l’entourent. La détection de ces cristaux par les macrophages (une variété de globules blancs) déclenche une réaction inflammatoire intense, à l’origine de la crise de goutte », indique l’Assurance Maladie.

Goutte : « atteindre une uricémie inférieure à 6 mg/dL »

Ce rhumatisme est associé à un risque cardiovasculaire accru. Jusqu’à présent, les chercheurs ignorent si l’obtention d’un taux d’acide urique inférieur à 6 mg/dL dans le sang, grâce à un traitement hypouricémiant, permettrait de réduire le risque cardiovasculaire chez les patients. Afin d’en avoir le cœur net, des scientifiques de l’université de Nottingham (Angleterre) ont voulu évaluer l’association entre l’atteinte d’un faible taux d’urate sérique et la survenue d’événements cardiovasculaires.

Pour ce faire, l’équipe a utilisé les données de la base de données Clinical Practice Research Datalink Aurum, couplées aux dossiers médicaux et de mortalité, de janvier 2007 à mars 2021. Au total, 109.504 personnes, âgés de 18 ans ou plus, ont été inclus. Les particpiants avaient reçu un diagnostic de goutte, présentaient un taux d’acide urique dans le sang supérieur à 6 mg/dL avant le traitement. Ces derniers ont commencé à prendre des médicaments hypouricémiants, dont le but est de maintenir l’uricémie sous une valeur seuil. « L’objectif est d’atteindre une uricémie inférieure à 360 umol/L (6 mg/dL), et si possible inférieure à 300 umol/L. Seul, un taux bas d’acide urique dans le sang permet la dissolution des cristaux d’acide urique », précise l’Assurance Maladie.

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