
Des femmes rurales ont bénéficié, lundi dernier, d’une formation en tissage dans la maison de jeunes de Boutlélis. Cet atelier de formation est destiné à aider les artisanes à vivre de leur activité qui leur permettra de résoudre le problème du chômage. Pour l’association d’aide à la femme rurale main dans la main qui est à l’origine de plusieurs initiatives de ce genre, le but est d’aider les femmes à gagner en indépendance.
Ces femmes, dont la plupart n’ont pas fait d’études; sont au chômage. Ces apprenties sont désireuses d’apprendre de nouvelles techniques, et surtout de pouvoir produire des tapis de grande qualité.
Les cours consacrés aux motifs et aux couleurs les passionnent.
En plus des procédés techniques du tissage, ces femmes apprennent aussi toutes les nuances de l’association des couleurs et de la composition des motifs. Il faut ainsi veiller à ce que leurs tapis reflètent leur expression artistique et le style local, afin d’ajouter une authenticité et plus de prix à leurs travaux.
Ces tisserandes ont soif d’apprendre. A l’instar d’autres régions du pays, l’Oranie est réputée pour son art du tissage de tapis. En dépit de ce patrimoine culturel, certains craignent une homogénéisation et une modernisation du secteur, avec le risque de perdre en authenticité.
Un intérêt croissant est constaté pour le tissage traditionnel chez les jeunes femmes qui veulent hériter du savoir-faire traditionnel de leurs aînées.
L’idée est de passer par un enseignement horizontal: les apprenties s’échangent des techniques pour devenir progressivement autonomes. Pour elles, travailler en groupe est utile car l’échange d’idées et d’expériences profite à chacune.
Cette communauté a l’avantage de rapprocher les femmes de différents villages.
Cet atelier est également un endroit sûr où elles peuvent s’exprimer ouvertement.
Les jeunes femmes en milieu rural sont soumises à une pression sociale qui restreint leur liberté de mouvement et de travail.
Certaines d’entre elles se sont heurtées à la difficulté de voyager seules, par exemple, pour se rendre à des salons d’artisanat. Voilà également pourquoi ces femmes ont besoin d’un appui supplémentaire.
Dans les régions rurales, les femmes sont les agents du changement sociétal. Outre les techniques de tissage et l’art de la composition, les femmes seront formées à la gestion, la communication et à la vente.
L’objectif est qu’elles puissent gérer leur métier elles-mêmes, pour promouvoir leurs nouveaux produits.
Des initiatives provenant d’associations ont cherché, ces dernières années, à démontrer la valeur et l’attractivité du travail des femmes rurales: transformation des produits agricoles, tissage et mise en lumière d’autres savoir-faire locaux. Une dynamique économique nouvelle est créée. De plus en plus de femmes ouvrent des ateliers.
Les produits des tisserandes ont fait l’objet de multiples expositions- ventes à Oran.
Le tissage est la plus belle trace de l’histoire après la mosaïque.
C’est un patrimoine immatériel inouï !
Ilyès N


