
Des neuroscientifiques britanniques ont identifié un déséquilibre neurochimique dans des régions des lobes frontaux chez des personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs.
- Dans deux régions cérébrales, essentielles à la prise de décision et à l’habitude, l’équilibre entre deux neurotransmetteurs chimiques importants est perturbé chez les adultes atteints de TOCs.
- Les déséquilibres chimiques étaient associés à la gravité des symptômes des TOCs ainsi qu’à la tendance à adopter des comportements habituels et compulsifs.
- Des niveaux accrus d’un neurotransmetteur, le glutamate, dans l’une de ces régions du cerveau ont également été détectés chez des patients en bonne santé présentant des tendances compulsives plus légères.
En France, 2 à 3 % de la population souffrent de troubles obsessionnels compulsifs (TOCs). À ce jour, les causes des dysfonctionnements cérébraux conduisant à cette maladie psychique chronique sont encore inconnues, selon l’Institut du cerveau. Mais récemment, des chercheurs de l’université de Cambridge (Angleterre) semblent avoir identifié l’origine de ces troubles. Dans une étude, publiée dans la revue Nature Communications, ils ont révélé qu’un déséquilibre chimique dans le cerveau était en cause.
Des scanners à haute puissance pour repérer les marqueurs des TOCs
Pour parvenir à cette découverte, les neuroscientifiques ont fait passer des scanners à 31 personnes souffrant de TOCs diagnostiqués cliniquement et 30 volontaires « témoins ». L’objectif était de mesurer les niveaux de deux neurotransmetteurs chimiques, le glutamate et le GABA (un régulateur de l’activité cérébrale) dans des régions du cortex cérébral, à savoir la partie la plus externe et la plus développée du cerveau humain. « Les scanners standards peuvent être assez rudimentaires et ne pas capter le signal du glutamate de manière très précise. L’appareil à 7 teslas nous permet de séparer les signaux qui se chevauchent et de mesurer le glutamate et le GABA avec plus de précision », a précisé le Dr Marjan Biria, auteur des travaux, dans un communiqué.
En outre, l’équipe a soumis tous les participants à des tests et à des questionnaires afin d’évaluer leurs tendances obsessionnelles-compulsives et habituelles. « Nous avons testé si les gens étaient plus enclins à répéter les mêmes réponses, comme une habitude, ou à adapter leur comportement pour mieux poursuivre leurs objectifs. Les compulsions et les habitudes ne sont pas identiques, mais une régulation déficiente des habitudes peut être à l’origine des compulsions et éloigner les personnes de leur comportement orienté vers un objectif », a expliqué Trevor Robbins, co-auteur de l’étude.


