
Longtemps délaissé au profit d’autres créneaux, émerge à Oran comme un secteur porteur, mais largement sous-exploité. Pourtant, face à une demande croissante, la production locale, durable et compétitive, représente une opportunité d’investissement à ne pas laisser faner.
Portée par les mariages, naissances, fêtes et l’engouement pour la décoration intérieure, la demande explose. Pourtant, cette effervescence masque une fragilité : une dépendance quasi totale aux importations. Si Blida reste le principal bassin de production algérienne, celle-ci demeure saisonnière et concentrée. Dès l’hiver venu, la « disette » des fleurs se fait sentir dans tout le pays.
À Oran, place Hoche, les fleuristes en subissent les conséquences. L’indisponibilité à Blida pousse certains à se tourner vers le marché parallèle, avec des risques élevés. Un fleuriste témoigne d’une saisie de marchandises pour 1,4 million de centimes. Résultat : une rose importée peut atteindre 200 à 500 DA la tige, soit trois fois le prix d’une variété locale disponible. Face à ce constat, pourquoi ne pas produire plus et mieux sur place, notamment dans la région oranaise ?
« Produire localement permet de maîtriser les coûts et les prix de vente, tout en dégageant des marges confortables », explique Zaki, un professionnel originaire de Blida. « Les circuits courts garantissent fraîcheur et réactivité, et évitent les ruptures », ajoute-t-il. « Enfin, de nouveaux débouchés s’ouvrent : la commune, ses pépinières et les chantiers d’aménagement urbain sont demandeurs de plants locaux. »
Oran dispose pourtant de terres fertiles et d’un savoir-faire hérité des pépiniéristes de Blida, transposable dans des exploitations modernes. Les autorités locales accompagnent plusieurs projets pour lever les contraintes foncières et administratives.
Une plateforme numérique, Oran-Invest, centralise les offres foncières
Le cadre national offre aussi des avantages fiscaux : exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans, puis réduction de 50 % les cinq années suivantes, droits de douane réduits sur le matériel de serre, et crédits d’impôt pour la recherche et développement.
« Quand c’est la disette, tout le pays en pâtit », résume Zaki. Cette phrase illustre l’enjeu. Depuis 2008, les Floralies d’Oran, initiées par la municipalité, rassemblent pépiniéristes, fleuristes et paysagistes. Cette manifestation réunissait des professionnels de nombreuses wilayas. Plus qu’une foire, l’événement sensibilise le public à la « culture du vert » et crée une clientèle potentielle pour les productions locales.
Oran réunit tous les ingrédients pour transformer la pénurie en opportunité : demande forte, prix élevés, savoir-faire existant, soutien public et dispositifs d’aide aux investisseurs.
Ilyes.N


