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Mort du pape François : ce qu’il va se passer d’ici à l’élection de son successeur

L’Église catholique est orpheline. Au lendemain de la célébration de Pâques à laquelle il avait participé, le pape François est mort ce lundi 21 avril à l’âge de 88 ans. C’est désormais le cardinal camerlingue qui s’occupera des affaires courantes jusqu’à l’élection d’un nouveau souverain pontife.

Tous les plus hauts responsables du « gouvernement » de l’Église, c’est-à-dire la Curie romaine, doivent se démettre de leurs fonctions à la mort du pape, seul le cardinal camerlingue restant en poste pour administrer les affaires courantes de l’Église. Le « camerlingue » fera office de pape « par intérim » chargé de gérer l’Église jusqu’à l’élection du nouveau souverain pontife, avec des pouvoirs nettement réduits et surtout administratifs.

C’est le cardinal irlandais Kevin Farrell, préfet du dicastère (ministère) pour les laïcs, la famille et la vie, qui a été choisi pour ce poste en 2019.

L’Irlandais Kevin Farrell est le cardinal camerlingue.
HANDOUT / AFP L’Irlandais Kevin Farrell est le cardinal camerlingue.

Le mot « camerlingue » est dérivé du mot italien « camera », qui signifie chambre. Il est chargé de gérer le Vatican mais ne peut prendre aucune décision dont la validité excéderait la durée de la période de vacance du trône de Saint-Pierre ou empiéterait sur les prérogatives exclusives du pape, comme par exemple la nomination de cardinaux.

Les obsèques de François avant la fin de la semaine

C’est le camerlingue qui est notamment chargé de constater et de notifier le décès du pape. Jusqu’à Pie XII, mort en 1958, il constatait le décès du chef de l’Église en le frappant sur le front avec un petit marteau en argent, pour s’assurer qu’il était bien mort. Le camerlingue prend symboliquement possession des propriétés papales, le palais apostolique du Vatican, les Palais du Latran, siège du diocèse de Rome dont le pape est par tradition l’évêque, et de Castel Gandolfo, la résidence d’été des papes.

Il convoque les réunions de cardinaux, appelées « congrégations », et décide avec elles du jour et de l’heure de l’exposition de la dépouille du pape défunt, de la date de l’inhumation, qui doit intervenir entre le 4e et le 6e jour après la mort. Les obsèques doivent avoir lieu en la Basilique Saint-Pierre, sauf en cas de dispositions testamentaires contraires.

Le pape François a voulu simplifier ces obsèques, en prévoyant un rite unique et plus rapide et un enterrement dans un cercueil simple, pour davantage de sobriété. Il a également mis fin à la cérémonie de fermeture du cercueil et à l’exposition du corps. Contrairement à ses prédécesseurs, François a révélé vouloir être inhumé dans la basilique Sainte-Marie Majeure de Rome et non au Vatican. Cela fait plus de 350 ans qu’aucun Pape n’a été enterré dans cette basilique

Au moins 15 jours avant l’élection du nouveau Pape

Après le temps de l’hommage au pape François, viendra celui de sa succession. C’est encore une fois le camerlingue qui convoquera la congrégation chargée de fixer la date du début du conclave, chargé d’élire le nouveau pape. Il débutera au plus tôt 15 jours et au plus tard 20 jours après le décès.

Sur les 252 cardinaux que compte actuellement l’Église catholique, seuls 138 ont moins de 80 ans et pourront donc prétrendre part à l’élection. Six sont français : Mgr François-Xavier Bustillo, évêque d’Ajaccio ; Mgr Christophe Pierre, nonce apostolique à Washington ; Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille ; Mgr Dominique Mamberti, préfet du tribunal suprême de la Signature apostolique ; Mgr Philippe Barbarin, archevêque émérite de Lyon et Mgr Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger.

Quand les cardinaux se seront accordés sur le nom du sucesseur de François, de la fumée blanche se dégagera de la cheminée de la chapelle Sixtine dans le ciel du Vatican et Dominique Mamberti prononcera la célèbre formule « Habemus Papam ». C’est lui qui annoncera le nom du 267e pape.

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