Santé & Bien-être

Parkinson : une simple analyse de selles pourrait prédire vos risques

Une analyse des bactéries intestinales présentes dans les selles pourrait aider à déterminer les risques de développer la maladie de Parkinson avant l’apparition des premiers symptômes.


L’ESSENTIEL

  • Les scientifiques ont découvert que les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et celles à risque de la développer ont une composition particulière du microbiote.
  • Cette découverte pourrait aider à développer un test de dépistage.
  • Elle ouvre aussi de nouvelles pistes de recherche pour les traitements et la prévention.

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative liée à la détérioration progressive des neurones qui produisent la dopamine. Si elle est particulièrement fréquente avec environ 26.000 nouveaux cas par an, elle est difficile à repérer, car les premiers signes sont souvent subtils ou peu spécifiques.

Mais une équipe constituée de scientifiques de l’INRAE et d’University College London pourrait avoir trouvé un moyen de repérer très tôt les personnes à risque de développer la pathologie. Elle a en effet repéré une « signature microbienne » particulière dans le microbiote intestinal des patients, qui apparaît bien avant les tremblements moteurs typiques de Parkinson. Cette découverte, présentée dans la revue Nature Medicine, pourrait aboutir à la création d’un test.

Parkinson : la composition du microbiote des malades et des personnes à risque est différente

Pour cette étude, les chercheurs ont réuni 271 patients atteints de la maladie de Parkinson, 43 porteurs de la mutation GBA1 (elle peut augmenter le risque de Parkinson jusqu’à 30 fois) sans symptômes cliniques et 150 participants sains (en tant que groupe de comparaison). Ils ont récupéré des échantillons de leurs selles et les ont analysés. Les scientifiques ont alors remarqué que plus d’un quart des agents pathogènes composant le microbiome intestinal – 176 espèces différentes – présentaient des différences d’abondance entre les malades et les participants sains.

« Certains microbes étaient plus fréquents chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, tandis que d’autres l’étaient davantage chez les participants sains à l’étude. Cette tendance était particulièrement marquée chez les personnes présentant des stades plus avancés de la maladie », précisent les auteurs dans leur communiqué.

Autre découverte : il y avait aussi d’importantes différences de composition du microbiote entre les volontaires sains et participants porteurs du gène GBA1 qui n’avaient pas encore présenté de symptômes de la maladie de Parkinson.

Plus précisément, la composition du microbiote des porteurs du gène GBA1 ressemblait à « un schéma intermédiaire » entre celui du groupe témoin et celui des malades de Parkinson. « Pour la première fois, nous avons identifié des bactéries dans l’intestin de personnes atteintes de la maladie de Parkinson, bactéries que l’on retrouve également chez les personnes présentant un risque génétique de développer cette maladie, mais avant même l’apparition des symptômes. Il est important de noter que ces mêmes modifications se retrouvent chez une faible proportion de la population générale, ce qui pourrait accroître leur risque de développer la maladie de Parkinson. »

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