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Patrimoine architectural oranais : comment réhabiliter le quartier Sidi El Houari ?

La foi autorise tous les écarts e quartier historique Sidi El Houari qui constitue le vieil Oran, a plus que jamais besoin d’être réhabilité. Ce patrimoine tombe en ruine.

Le S.O.S lancé depuis de nombreuses années, par les Oranaises et les Oranais pour réhabiliter ce vieux quartier chargé d’histoire, sera-t-il enfin pris en charge? Ce joyau historique est malheureusement dans un état de décrépitude très avancé.
Lors d’une visite de travail effectuée, mardi dernier, dans ce quartier, le wali d’Oran, Saïd Sayoud, a donné des instructions pour relancer le projet de réhabilitation de ce patrimoine historique.
Il est à se demander comment réhabiliter ce quartier qui bénéficie d’un statut de «secteur à sauvegarder», consacré par un décret exécutif datant du 22 janvier 2015 ? Depuis cette date, rien n’a été fait concrètement pour sauvegarder ce qui reste de ce quartier historique.
En 2021, la commune d’Oran s’était engagée à relancer l’étude du plan de sauvegarde. Mais à ce jour, la situation s’est davantage dégradée.
Le vieil Oran regorge de sites qui attirent les touristes, nationaux et étrangers.
La majorité des habitants de ce vieux quartier ont été relogés, ces dernières années, dans les nouveaux quartiers qui poussent comme des champignons à la périphérie de la ville.
L’accès à la Casbah d’Oran située dans la rue du ravin de Ras El Aïn, est malheureusement fermé au public.
Une Casbah andalouse, qui compte notamment une citadelle espagnole ainsi que le château dit «Castillo Vieijo», qui se trouve lui aussi dans un état de décrépitude avancée.
La rue Imam El Houari qui abrite le mausolée du même nom, et la rue de la vieille Casbah sont désertes.
Idem pour le tambour Saint-José, par lequel un important réseau souterrain mène à des forts dont le plus connu est le Fort de Santa- Cruz. Oran est l’une des villes les plus fortifiées de la Méditerranée, dépassant le détroit de Gibraltar en nombre de fortifications.
Ces forts sont reliés par des réseaux souterrains. Le jardin Ibn Badis est aussi abandonné. La mosquée du Pacha, devra elle aussi être réhabilitée. Tous ces sites auraient pu faire de Sidi El Houari le quartier le plus animé d’Oran, peuvent générer une forte activité touristique.
Les amoureux du patrimoine expriment des craintes de voir ce projet de réhabilitation consacrer un remplacement d’un patrimoine à haute valeur architecturale par des constructions «modernes» qui vont défigurer ce quartier.
«Les concepteurs de tout projet de réhabilitation doivent respecter l’aspect architectural ancien qui constitue un patrimoine inestimable», met en garde un militant du patrimoine oranais.
En 2020, des étudiants de l’Ecole nationale supérieure d’architecture (ENSAS) de Strasbourg, en collaboration avec le département d’architecture de l’USTO, ont envisagé des aménagements au quartier de Sidi El Houari.
Cette réflexion est issue d’une convention de coopération décentralisée conclue par les villes Strasbourg et Oran, en avril 2015 et prolongée pour cinq ans à partir de 2019.
Parmi les idées qui ont jalonné cette réflexion, figure une proposition de la mise en place d’une promenade tout autour du port donnant sur une nouvelle place publique.
Ce parcours qui a pour but de développer le tourisme compte trois principales voies d’accès depuis le haut du quartier de la Calère.
Une autre réflexion concerne la réhabilitation des anciennes piscines de Bastrana et la réalisation d’un ensemble de logements projetés sur le site voisin qui concentre, lui aussi, un grand nombre d’immeubles vétustes.
Une autre proposition consiste en la réalisation d’un musée historique, d’une école de musique avec une scène ouverte, un restaurant universitaire, des locaux associatifs, une bibliothèque, des logements pour étudiants, des auberges de jeunesse et un marché.
Ilyès N

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