
Contrairement aux années précédentes, cette année, les chefs de famille ne se bousculent pas devant les points de vente de moutons, improvisés par les revendeurs et par les éleveurs dans les garages, dans certaines fermes, et même au niveau du marché d’El Karma.
En effet, au vu des prix exorbitants du mouton pour l’Aid El Adha, ces points de vente, improvisés par les maquignons dans les garages et au niveau des fermes, n’attirent pas les acheteurs. “Je perçois un salaire mensuel de 26 000 dinars, c’est une folie d’aller acheter un mouton au prix de 100.000 dinars pour le plaisir d’une journée, alors que cette somme me permet de subvenir aux besoins de ma famille pendant quatre mois”, affirme un père de famille. Un autre ajoute : “les prix des moutons sont hors de portée des petites et des moyennes bourses, c’est carrément de la spéculation. Ces maquignons nous privent de la joie de célébrer cette fête religieuse. En principe, l’État ne doit plus subventionner l’aliment du bétail aux éleveurs, ces derniers ne prennent pas de pincettes pour mettre haut la barre des prix. L’Etat importe des moutons de l’étranger. Et malgré le transport par mer et par route, le traitement du convoyage vers les points de rassemblement, les soins vétérinaires, l’alimentation qui nécessitent beaucoup de frais, les béliers sont cédés à 50.000 Dinars. Les pouvoirs publics doivent retirer la subvention qui ne soutient pas la filière élevage mais alimente la spéculation. Pourquoi ne pas faire comme en Tunisie, où le mouton est vendu au poids avec un prix fixé par l’Etat ”, explique-t-il. À défaut de mouton pour l’Aid El Adha, certains chefs de famille se sont rabattus sur l’achat de viande issue de l’abattage clandestin au niveau des boucheries bordant le chemin de wilaya N°74, reliant la localité de Bir el Djir à celle de Hassi Bounif. Mais là aussi, les acheteurs ont été arnaqués par certains bouchers sans scrupule. Ces derniers leur ont vendu de la viande caprine au prix de la viande de mouton. S’apercevant de la tromperie, une mère de famille s’est faite rembourser.
A. Bekhaitia


