Mastiquer : la première étape de la digestion
Avant même que les aliments arrivent dans l’estomac, tout commence dans la bouche. En mâchant, les aliments sont découpés en petits morceaux et mélangés à la salive, ce qui facilite le travail du système digestif. « C’est la première phase de la digestion », rappelle Andries van der Bilt, spécialiste de la physiologie orale à l’Université d’Utrecht, aux Pays-Bas, interrogé par la chaîne britannique. La mastication stimule aussi la production d’enzymes digestives et prépare l’intestin à recevoir les aliments. A l’inverse, avaler trop vite de gros morceaux pourrait favoriser les ballonnements, la constipation ou les sensations d’inconfort digestif.
Des travaux montrent également que mieux mâcher permettrait d’absorber davantage de nutriments. Dans une étude menée sur des amandes, les participants qui mastiquaient le plus absorbaient davantage d’énergie et éliminaient moins de graisses.
Mieux mâcher pour manger moins
Ce n’est pas tout : prendre le temps de mâcher pourrait aussi aider à limiter les excès alimentaires. Plusieurs études montrent que les personnes qui mastiquent davantage ressentent la satiété plus rapidement. Dans une expérience menée sur des volontaires, ceux qui mâchaient davantage leur nourriture avaient moins faim après le repas. Leur organisme produisait aussi plus d’hormones liées à la satiété.
Cela s’explique notamment par le fait que le cerveau met environ vingt minutes à comprendre que l’estomac est plein. Manger lentement laisse donc le temps au corps d’envoyer ce signal. « La texture des aliments peut influencer la sensation de satiété », explique le neuroscientifique Abhishek Kumar, de l’institut Karolinska en Suède. Les chercheurs recommandent ainsi de privilégier des aliments solides et riches en texture plutôt que des aliments très mous ou liquides.