Santé & Bien-être

Trouble du déficit de l’attention – Quand le cerveau s’endort éveillé : une nouvelle explication du TDAH ?

Selon une étude de l’Inserm, des ondes cérébrales habituellement liées au sommeil peuvent apparaître à l’état éveillé chez les personnes atteintes de TDAH. Ces « pauses » mentales pourraient expliquer leurs difficultés d’attention.


L’ESSENTIEL

  • Le TDAH pourrait être lié à des intrusions d’ondes cérébrales du sommeil pendant l’éveil.
  • Ces « pauses » mentales expliqueraient les troubles de l’attention et la fatigue.
  • De nouvelles pistes thérapeutiques, centrées sur le sommeil, sont envisagées.

Et si le cerveau des personnes atteintes de TDAH faisait des micro-siestes sans qu’elles s’en rendent compte ? Une récente étude internationale, publiée dans le Journal of Neuroscience, suggère que l’apparition de certains symptômes du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité pourrait s’expliquer par des intrusions d’ondes cérébrales habituellement associées au sommeil… en pleine phase d’éveil.

Des « pauses » cérébrales inattendues

Le TDAH, qui touche environ 2,5 % des adultes et au moins 5 % des moins de 18 ans, se manifeste par des oublis fréquents, des erreurs d’inattention, des difficultés de concentration ou de planification, sans compter parfois de l’agitation et de l’impulsivité. Pourtant, ses mécanismes biologiques restent encore mal compris par la science. Mais selon cette nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Monash, en Australie, un phénomène appelé « sommeil local » pourrait jouer un rôle clé. Il s’agit de l’apparition d’ondes cérébrales lentes, typiques du sommeil profond, alors même que la personne est éveillée.

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont analysé l’activité cérébrale de 32 adultes atteints de TDAH, sous traitement médicamenteux, et de 31 adultes sans trouble, au cours d’une tâche qui demandait une attention soutenue. Résultat : « Les adultes atteints de TDAH présentent une densité significativement plus élevée d’ondes lentes […] Or, ces ondes ne sont pas anodines : plus leur densité est élevée, plus les participants commettent d’erreurs d’inattention et présentent des temps de réaction plus lents ou plus variables », explique Thomas Andrillon, chercheur à l’Inserm, dans un communiqué. Ce n’est pas tout : les volontaires concernés rapportent aussi davantage de « vagabondage mental » (mind wandering) et de « blanc mental » (mind blanking), deux états directement liés à ces intrusions de sommeil local.

« L’intrusion d’ondes du sommeil est un phénomène parfaitement normal, souligne Thomas Andrillon. Pensez à une longue course à pied : au bout d’un certain temps, la fatigue physique vous oblige à faire une pause. C’est la même chose pour la fatigue mentale : après une journée passée éveillée ou après une mauvaise nuit de sommeil, le cerveau fait aussi des pauses sous la forme d’ondes lentes. Ces brefs moments d’inactivité cérébrale surviennent chez tout le monde. »

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