
Plus de 3.000 cas de choléra ont été enregistrés au Yémen, accompagnés de trois décès confirmés durant la période allant de février à avril 2026, ont annoncé le ministère yéménite de la Santé et le Comité national supérieur de lutte contre les épidémies.
Cette situation intervient, selon eux, dans un contexte de mises en garde contre la poursuite de la détérioration de la situation sanitaire et humanitaire dans le pays. Selon un rapport conjoint du ministère et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), «le nombre de cas a atteint 3.287, concentrés principalement dans les gouvernorats d’Al-Hodeïda, Taëz, Haja et Marib, des régions souffrant d’un effondrement des services d’eau et d’assainissement en raison de la situation dans le pays».
Le rapport précise que les enfants de moins de cinq ans représentent environ 41 % des cas enregistrés, ce qui reflète la vulnérabilité des groupes les plus exposés à la maladie, signalant que trois décès ont également été recensés, dont deux à Marib et un dans le gouvernorat de Lahj. Le document avertit que les chiffres annoncés pourraient ne pas refléter l’ampleur réelle de l’épidémie.
Dans une déclaration par visioconférence depuis Aden, le ministre yéménite de la Santé, Qassem Bahibah, a qualifié la situation de «très préoccupante», soulignant que les chiffres annoncés pourraient ne pas refléter l’ampleur réelle de l’épidémie et qu’ils pourraient être supérieurs d’environ 30 %, en raison des difficultés d’accès à certaines zones.
Des spécialistes attribuent la propagation de la maladie à la forte dégradation des systèmes d’eau et d’assainissement, les réseaux hydrauliques ne fonctionnant que partiellement, tandis qu’une grande partie de la population dépend de sources d’eau non sûres. Des organisations internationales, dont l’ Organisation mondiale de la santé, l’UNICEF et le Croissant-Rouge yéménite, s’emploient à faire fonctionner des centres de traitement dédiés aux malades du choléra. Toutefois, ces efforts sont entravés par un manque aigu de financement et de fournitures médicales.
Selon des estimations des Nations unies, des dizaines de millions de dollars sont nécessaires pour assurer la disponibilité de vaccins oraux et de fournitures de traitement d’urgence, alors que la réponse des donateurs demeure insuffisante à ce jour.


