
Qu’est-ce que l’éthique en milieu hospitalier ? Quels sont les principes de l’éthique et du droit médical ? Quelle est la frontière entre l’éthique et le droit ? Toutes ces questions sont au coeur des cinquièmes journées internationales de l’éthique médicale qui ont débuté, ce vendredi, à l’hôtel Liberté d’Oran.
Cette manifestation qui s’étale sur deux jours est organisée par l’Observatoire du handicap, de la réadaptation et de l’éthique de la santé (OHRES) du Centre hospitalo-universitaire (CHU) d’Oran et le service de médecine légale et de médecine physique et de réadaptation dudit centre hospitalo-universitaire.
Quelques 200 participants prennent part à ces journées qui ont pour thème générique «l’éthique et droit médical».
Cette rencontre se veut un espace de réflexion entre des professeurs, des chercheurs, des académiciens de différentes spécialités venus de toutes les régions d’Algérie, mais aussi de France, de Suisse et de Tunisie.
Ces rencontres sont une occasion pour les participants de faire un éclairage sur le droit de la personne et du corps humain, des problématiques posées par le don et les transplantations d’organes et sur bien d’autres volets liés à l’éthique médicale.
Au menu, figurent pas moins de 120 interventions de médecins, des psychologues, des sociologues et des juristes qui animeront 20 conférences magistrales, des tables rondes et des ateliers.
Parmi les thèmes qui seront abordés, il y a, par exemple, une réflexion sur «la problématique posées par le don et les transplantations d’organes», qui sera le thème générique d’une série de communications qui seront modérées par Nadjet Zouaoui, Karim Himmi et le Dr Salim Boumeslout responsable du service de la médecine légale du CHU d’Oran.
Ce dernier a indiqué à L’Écho d’Oran que «des thèmes inédits seront abordés à l’image des nouvelles technologies, l’intelligence artificielle et la e-santé, qui constituent un sujet d’actualité».
Ce volet sera traité sous différents angles allant des «aspects éthiques de la greffe de la cornée se basant sur l’expérience du CHU Mustapha», au «prélèvement d’organe», en passant par «la législation algérienne portant sur le don et la transplantation d’organes.» Selon les organisateurs, «l’éthique médicale regroupe l’ensemble des règles de conduite des professionnels de santé par rapport aux patients (déontologie, morale, science)».
«Les rapports entre la déontologie, la morale, l’éthique et le droit sont complexes.
À l’époque du pluralisme idéologique et d’un engouement sans précédent pour les droits et libertés de la personne, le rôle de l’éthique s’accroît au fur et à mesure que se posent les problèmes sociaux et moraux liés au développement des sciences biomédicales.
L’avènement de la biomédecine illustre avec acuité la convergence inévitable entre l’éthique et le droit», est-il expliqué.
«L’éthique pluridisciplinaire et séculière questionne, sensibilise et favorise la recherche du consensus.
Le droit prescrit et force l’adhésion.
Mais le droit est incapable de prévoir toutes les situations et l’éthique ne dispose pas de la force obligatoire du droit.
Les deux disciplines, bien que distinctes, sont complémentaires.
C’est dans cette perspective qu’on peut véritablement parler de convergence entre l’éthique et le droit», est-il encore souligné.
«L’un des principaux principes de l’éthique médicale est la justice: apporter le même traitement de façon juste et/ ou équitable à tous les patients.
Tout ce qui est possible d’être fait doit l’être pour tous et pas seulement pour certaines catégories de personnes», est-il encore indiqué.
D’autres thèmes programmés lors de ces journées ont trait à «la loi, l’esprit des lois et la bioéthique», «la sacralité et l’inviolabilité de l’homme et de son corps», «le statut juridique de la personne humaine à l’épreuve du biopouvoir et des nouveaux défis de l’éthique médicale», «l’unité du droit médical, l’éthique et médecine humanitaire », «le droit médical et l’éthique au coeur de la médecine légale», «l’éthique et la responsabilité du médecin légiste», «l’éthique et l’expertise en responsabilité médicale» et enfin «la responsabilité, une éthique de l’hôpital».
Ilyès N


