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Union européenne : de nouvelles règles pour le sauvetage des banques en difficulté

La Commission européenne a proposé mardi de nouvelles règles pour le sauvetage des banques en difficulté, peu après une période de turbulences dans le secteur aux Etats-Unis et en Europe, mais sans instituer de système unifié de garantie des dépôts au niveau de l’UE.

Le texte proposé, qui devra être négocié par les Etats membres de l’UE et les eurodéputés, entend notamment encourager l’utilisation de « filets de sécurité » financés par le secteur bancaire lui-même pour protéger les déposants en cas de défaillance de banques de petite ou moyenne taille, plutôt que de recourir aux deniers publics.
Dans le cadre actuel, les banques de taille moyenne peuvent avoir du mal à accéder aux systèmes de garantie des dépôts, car atteindre le seuil requis entraînerait de lourdes pertes pour les déposants.
Bruxelles veut donc permettre à ces établissements petits et moyens d’accéder plus facilement à ces fonds de garantie pour protéger les déposants si nécessaire –une façon de réduire le risque de contagion à d’autres banques.
Plus généralement, le texte vise à « protéger l’économie réelle de l’impact d’une faillite bancaire « , en encourageant par exemple les Etats à transférer les comptes d’une banque défaillante à un établissement en bonne santé.
Enfin, si la protection des dépôts est maintenue à hauteur de 100.000 euros par déposant et par banque, le texte harmonise les normes à travers l’UE en étendant la protection aux dépôts d’entités publiques (hôpitaux, écoles, municipalités…).
L’effondrement récent aux Etats-Unis de Silicon Valley Bank (SVB) et de Signature Bank, suivi du rachat en urgence de Credit Suisse par sa compatriote UBS, a récemment fait craindre une crise plus large du secteur bancaire.
Pour autant, cette réforme n’est pas « une réaction à ces évènements », insiste la Commission, dont le texte s’inscrit dans les efforts d’achever l’union bancaire mise en place dans la douleur à partir de 2012.
Bruxelles avait lancé une refonte radicale de la supervision du secteur bancaire après la crise financière de 2008 et la crise de la dette de la zone euro, durant laquelle des milliards d’euros d’argent public avaient été dépensés pour renflouer les banques.
L’union bancaire a notamment placé la surveillance des plus grandes banques de l’UE sous la responsabilité de la Banque centrale européenne (BCE).

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