
Des habitués de la montagne des Lions, appelée par les Oranais Djebel K’har, que leurs randonnées au sein de cette couverture forestière favorite, soient obstruées par des murailles élevées un peu partout sur ce site boisé surplombant la capitale de l’Ouest. Ces remparts auraient été érigés, estiment nos sources, «afin de protéger certaines terres agricoles locales se trouvant au sein même de ce site tant prisé de la population Oranaise» .
Aussi, dans le but le constater de visu l’état des lieux, nous nous sommes déplacés à Djebel K’har, où nous avions pu localiser la présence d’amas de pierres et de matériaux de construction entreposés sur le bas-côtés du CW 32 A desservant cet espace de verdure à partir du quartier Belgaid à l’Ouest et l’échangeur de la RN 11 à hauteur de la zone d’activités de Hassi Ben Okba du côté oriental. Nous avons pu confirmer également la présence d’un chantier de construction d’une muraille soustrayant de la vue, un bosquet constitué principalement de pins d’Alep. Le chantier en question paraissant à l’arrêt et l’endroit vacant ne nous ont pas permis de connaitre l’objectif de l’édification de cet ouvrage de maçonnerie dans ce lieu couvert de bois très dense.
Pour en savoir plus sur ce sujet, nous avons pris attache avec l’administration des forêts de la wilaya d’Oran, dont les représentants nous ont indiqué, malheureusement, leur méconnaissance de la construction d’une muraille longue de plusieurs dizaines de mètres linéaires dans les périmètres indiqués dont la gestion relève pourtant des prérogatives du secteur forestier de la wilaya d’Oran. Ceci dit, notre déplacement au siège de la Conservation des forêts de la wilaya n’a pas été vain, puisque nous avons contacté une source domaniale qui nous a indiqué tout en requérant l’anonymat, que cette muraille en cours d’édification le long du CW 32 A, serait l’oeuvre d’un agriculteur local exploitant une parcelle de terre à des fins agricoles située dans le périmètre de Djebel K’har.
Toujours d’après notre source d’information, le dit agriculteur, qui jouit d’un acte de concession de terre agricole émanant de la direction des Services agricoles (DSA), a entrepris de bâtir cette muraille pour prémunir sa parcelle de terre, cernée de toutes parts par les végétaux proliférant au niveau de la montagne des lions et ce de toutes intrusions. D’après les renseignements recueillis auprès de notre interlocuteur, un procès verbal aurait été dûment déposé par les parties habilitées auprès du tribunal compétent et une mise en demeure d’arrêt des travaux aurait été signifiée en attendant une décision judiciaire sur cette affaire qui aboutirait certainement, ou bien à une relance des travaux ou bien au contraire à l’éradication de la muraille en question.
A notre question qui est derrière cette plainte auprès des tribunaux, notre source nous a indiqué qu’elle est vraisemblablement, une procédure ordinaire effectuée par des agents assermentés ou dotés de pouvoirs de police relevant des institutions administratives ou sécuritaires chargées de la lutte contre les atteintes aux relevant du domaine de l’Etat, ou bien tout simplement une plainte de l’exploitation pourrait avoir esté en justice ces mêmes services concernés pour aboutir, par voie judiciaire, une éventuelle annulation de la décision de la mise en demeure d’arrêt des travaux qui lui aurait été signifiée. «Je ne pourrais vous en dire davantage. L’affaire est entre les mains du tribunal. Seule la justice peut régler ce dossier», conclut notre source d’information. Signalons dans la foulée que, la tutelle, le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural a averti, récemment, les exploitants agricoles par voie d’une ordonnance ministérielle qu’il est strictement prohibé de clôturer leurs exploitations par des procédés non conformes aux normes prévues par la loi, en plaçant par exemple, des barrières non transparentes comme films en plastique, murs en dur ou clôtures quelconques et ce en vertu du texte de loi 90/29 datée du 1er décembre 1990 relative à l’aménagement et à l’urbanisme.
«A défaut d’accord à l’amiable, le recours l’expropriation pour cause d’utilité publique est envisagé»
Et pourtant , la solution est des plus simple pour prémunir les sites forestiers de l’avancée du béton et de l’influence humaine, d’autant que la loi 84-12 du 24 juin 1984 portant régime général des forêts, préconise dans son alinéa 59 que: «Lorsque une terre à vocation forestière située à l’intérieur de la forêt est nécessaire à l’homogénéité ou à l’aménagement des massifs forestiers, l’état propose au propriétaire concerné l’achat ou l’échange de cette enclave contre un autre terrain de même valeur au moins. A défaut d’accord à l’amiable, il peut être procédé à l’expropriation pour cause d’utilité publique conformément à la légalisation en vigueur ».
Par ailleurs, l’article suivant n°60 de la même loi édicte les mêmes injonctions pour ce qui est la terre à vocation forestière mitoyenne au domaine forestier, constituant un prolongement naturel de cet espace forestier et revêt une importance économique ou écologique, le ministère de tutelle peut ordonner que sa gestion soit soumise au plan d’aménagement. A défaut, intervient donc la proposition d’achat ou d’échange et en dernier ressort, l’expropriation de ladite terre à vocation forestière mitoyenne du domaine forestier pour la même cause d’intérêt public.
Dans le volet environnemental, un militant vert, tire la sonnette d’alarme en prétendant qu’à cause de l’activité humaine qui se généralise à l’intérieur même de la couverture forestière de Djebel K’har, des incendies, sécheresses à répétition et autre braconnage, on assisterait impuissant à la disparition de nombreux animaux sauvages dont le nombre ne cesse de s’amoindrir de jour en jour. Une espèce animale sur trois est actuellement menacer d’extinction selon l’avis de notre interlocuteur qui avance l’exemple le cas de la couleuvre d’Arzew, serpent venimeux originaire du littoral local qu’on ne voit que rarement ou bien le chacal qui peuplait autrefois la montagne des lions avec les cochons sauvages qu’on ne rencontre plus actuellement, car les espaces de cette forêt sont devenus trop exigus à cause de la fréquentation humaine dense et l’avancée du béton et surtout le travail agraire.


