
La vieille mosquée située au cœur du ksar historique de Boussemghoun, dans la wilaya d’El Bayadh, est considérée comme un important phare religieux et spirituel. Elle constitue également un chef-d’œuvre architectural et culturel qui se dresse fièrement depuis des siècles.
Cet édifice religieux et historique est l’un des plus importants témoignages civilisationnels enracinés profondément dans l’histoire, à l’intérieur des remparts du ksar ancestral de Boussemghoun, connu sous le nom de «Ksar El Asaad». Ce ksar est l’un des plus anciens du Sud-ouest du pays, ayant été construit il y a environ 17 siècles. Il attire, chaque année, un grand nombre de visiteurs, ainsi que des disciples de la confrérie Tidjania venus de l’intérieur et de l’extérieur du pays, en raison de la profonde dimension spirituelle de la zaouïa et de la retraite spirituelle d’Ahmed El-Tidjani, située dans ce même ksar. Selon le professeur et chercheur en patrimoine local et en histoire des ksour, également secrétaire général de l’Association nationale pour le développement du tourisme des ksour et des oasis, Belhadji Laghrissi, ce monument compte parmi les plus anciennes mosquées de la région et même du pays. Sa fondation remonterait au début de la conquête islamique.
La mosquée occupe un emplacement central au sein du ksar en raison de son rôle de pôle d’attraction. Elle est entourée d’habitations et, du côté sud, se trouve l’école coranique. La vieille mosquée de Boussemghoun, qui s’étend sur une superficie totale d’environ 210 mètres carrés, a été construite avec des matériaux naturels locaux résistants aux variations climatiques. Son toit est couvert de bois de genévrier, réputé pour sa solidité, ainsi que de tiges de laurier-rose. La salle de prière, de forme rectangulaire, est soutenue par 31 piliers. Son mihrab est creusé et recouvert d’une demi-coupole lisse.
A gauche du mihrab se trouve le minbar construit en pierre. Quant à la cour de la mosquée, elle a une forme rectangulaire irrégulière et sa superficie est plus grande que celle de la salle de prière. Concernant le minaret, il est situé à l’angle de la mosquée sur le même axe que le mihrab.
Il repose sur une base carrée et atteint une hauteur d’environ 21 mètres. Il constitue un remarquable chef-d’œuvre d’ingénierie et l’un des plus anciens minarets du sud-ouest du pays, son âge dépassant huit siècles, selon le même chercheur. Cet édifice religieux et architectural unique, qui comprend également une école coranique, a fait l’objet de quelques restaurations partielles au cours du siècle dernier, notamment la rénovation de son toit et l’agrandissement de la salle de prière du côté nord, ainsi que d’autres travaux qui n’ont toutefois pas modifié ses caractéristiques d’origine. Il a ainsi conservé son aspect architectural initial. Cette mosquée historique a joué un rôle central dans la vie des habitants du ksar.
Des cercles de savoir y étaient organisés, les affaires de la communauté y étaient gérées par un conseil consultatif (choura), les litiges y étaient examinés et tranchés, et les étudiants y recevaient un enseignement des principes du fiqh et de la charia. Elle remplissait également une importante fonction sociale, servant notamment d’instance de solidarité chargée de gérer les fonds de la zakat et d’autres missions communautaires.
Aujourd’hui encore, les habitants de Boussemghoun et les visiteurs se rendent dans cette vieille mosquée pour accomplir les cinq prières quotidiennes et la prière des tarawih durant le mois sacré de Ramadhan. La mosquée, la retraite spirituelle de Ahmed El-Tidjani et le ksar dans son ensemble, demeurent un lieu spirituel et un témoin du passé glorieux de ce joyau civilisationnel, historique et patrimonial profondément ancré dans la mémoire collective.


