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Soudan : les frappes de drones ont causé la mort d’au moins 880 civils en quatre mois

Au Soudan, les drones armés concentrent désormais plus de 80 % des morts civiles liées au conflit, déplore lundi l’ONU, précisant qu’au moins 880 civils ont été tués en quatre mois.

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), les drones armés sont désormais, et de loin, la principale cause de décès parmi les civils.
«Ce recours croissant aux drones permet aux hostilités de se poursuivre sans relâche à l’approche de la saison des pluies qui, par le passé, entraînait une accalmie des opérations terrestres», a déclaré, dans un communiqué, le Haut-Commissaire, Volker Türk.
La plupart des décès de civils attribués à des frappes de drones au cours du premier trimestre de l’année ont été enregistrés dans la région du Kordofan. Le dernier épisode en date remonte au vendredi 8 mai, quand des frappes de drones dans le Kordofan du Sud et le Kordofan du Nord auraient fait 26 morts et plusieurs blessés parmi les civils.
L’utilisation de drones s’étend de plus en plus au-delà du Kordofan et du Darfour, vers le Nil Bleu, le Nil Blanc et Khartoum. Une frappe de drone sur l’aéroport international de Khartoum le 4 mai a entraîné l’interruption de tous les vols, et entre le 28 avril et le 5 mai, plusieurs attaques ciblées par drone ont eu lieu ailleurs à Khartoum et dans la ville jumelle d’Omdurman.
Alors que le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) est entré dans sa quatrième année dans ce pays, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk dénonce une escalade qui menace d’étendre encore les violences et de bloquer l’aide humanitaire. Selon le HCDH, une probable intensification des hostilités au Kordofan exposera également les civils à un risque accru d’attaques de représailles et de nouveaux déplacements à grande échelle, en particulier dans les villes d’El Obeid et de Dilling, dans le Kordofan du Sud.
L’élargissement de la violence perturberait également la fourniture de l’aide humanitaire. «Une grande partie du pays, y compris le Kordofan, est désormais confrontée à un risque accru de famine et d’insécurité alimentaire aiguë, une situation exacerbée par les retards ou les pénuries attendus d’engrais en raison de la crise du Golfe», a ajouté M. Türk. Face à ce recours de drones meurtriers, le chef des droits de l’homme de l’ONU appelle à l’adoption de mesures énergiques pour empêcher le transfert d’armes, notamment de drones armés de plus en plus sophistiqués.

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