
A Ghaza, meurtrie par deux ans d’agression sioniste génocidaire et un blocus en cours, les enfants troquent les fêtes de l’Aïd contre le travail de survie.
Traditionnellement marqué par les rassemblements familiaux, les habits neufs et le partage de nourriture, l’Aïd al-Adha se déroule cette année dans un contexte humanitaire dramatique à Ghaza. De nombreux enfants vivent au milieu des décombres, font la queue devant les cuisines communautaires pour obtenir de la nourriture ou transportent des jerricans d’eau, alors que les services essentiels restent gravement perturbés.
Sur la rue Al-Jalaa, au cœur de la ville de Ghaza, Mohammad Ashour ne porte ni vêtements neufs ni jouets à l’approche de l’Aïd al-Adha. Une cafetière à la main, un sac sur le dos, il traverse les rues à la recherche de clients pour aider sa famille à survivre, dans une enclave ravagée par la guerre et l’effondrement économique.
Autour de lui, d’autres enfants jouent encore entre les immeubles endommagés et les rues poussiéreuses. Mais l’atmosphère des fêtes de l’Aïd semble lointaine.
«Je vends du café pour subvenir aux besoins de ma famille», raconte Mohammad Ashour. «Avant, pendant l’Aïd, c’était un moment de joie. Nous sortions nous promener, nous allions dans les parcs, les restaurants et à la mer.
Mais aujourd’hui, avec la guerre, l’Aïd est devenu un jour ordinaire comme les autre», ajoute-t-il. Dans d’autres rues de Ghaza-ville, Wasim Aliwa interpelle les passants d’une voix encore enfantine pour vendre du chocolat. Avant la guerre, explique-t-il, l’Aïd était synonyme de sorties en famille et d’achats de vêtements neufs.
«Avant la guerre, pendant l’Aïd, nous sortions acheter des vêtements. Mais maintenant, rien ne va bien», confie-t-il. Malgré tout, l’enfant garde l’espoir de jours meilleurs.
«J’espère que le prochain Aïd sera beau, qu’il y aura des jouets et tout le reste, et que nous pourrons enfin acheter les vêtements que nous n’avons toujours pas pu acheter», espère-t-il.
Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 64.000 enfants à Ghaza ont été tués ou blessés, et plus de 56.000 ont perdu un ou les deux parents, tandis que la malnutrition, les déplacements et les traumatismes continuent de façonner tous les aspects de la vie des enfants dans la Bande de Ghaza.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) précise, quant à lui, que plus de 637.000 enfants en âge scolaire sont privés d’un accès durable à l’enseignement en présentiel dans la bande de Ghaza et qu’environ 64.000 enfants de moins de cinq ans n’ont plus accès à l’éducation préscolaire.


