
• Dans une étude pilote, 21 femmes souffrant d’anorexie depuis en moyenne 11 ans et en échec des traitements habituels ont reçu de la psilocybine associée à un accompagnement psychothérapeutique.
• Après le traitement, la majorité des participantes a montré une diminution des symptômes du trouble alimentaire et près de la moitié présentaient, trois mois plus tard, des scores similaires à ceux de personnes sans trouble alimentaire.
• La psilocybine était sans danger, les effets secondaires les plus fréquents étant les maux de tête et les nausées.
« L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire (TCA) invalidant, associé à des taux élevés de mortalité et de chronicité en raison du manque de traitements efficaces existants », ont signalé des chercheurs de l’Imperial College London (Angleterre). Dans une nouvelle étude, ces derniers ont voulu évaluer la sécurité, la faisabilité et l’efficacité potentielle de la thérapie par psilocybine dans le traitement de l’anorexie mentale. Il s’agit d’une substance psychédélique naturelle présente dans certaines espèces de champignons. Ses effets ont été étudiés chez les personnes souffrant de dépression résistante, de troubles liés à l’addiction ou encore de TOC.
Anorexie : des séances sous psilocybine accompagnées d’un suivi psychothérapeutique
Pour les besoins des travaux, l’équipe a recruté 21 femmes souffrant d’anorexie mentale depuis 11 ans en moyenne et n’ayant obtenu aucun résultat durable avec les traitements précédents. L’âge moyen des participantes était de 32 ans et leur indice de masse corporelle (IMC) moyen s’élevait à 16,4 kg/m² (sachant qu’un IMC sain est supérieur ou égal à 18,5). Lors de l’intervention, les participantes ont reçu trois doses de psilocybine par voie orale sur une période de six semaines, selon un ordre fixe (1 mg, 25 mg, 25 mg). Les séances sous psilocybine étaient accompagnées d’un suivi psychothérapeutique approfondi, avant et après l’administration de la substance. Par la suite, les volontaires ont été suivies deux semaines, trois mois, six mois et un an après leur dernière séance.
La psilocybine est bien tolérée et réduit les symptômes chez les patientes anorexiques
Les données montrent que la psilocybine a été bien tolérée par toutes les patientes. Les effets secondaires les plus fréquents étaient des maux de tête, des nausées et des étourdissements. « Deux événements indésirables graves (tentatives de suicide) ont été signalés chez une participante au cours de la période allant de 6 à 12 mois. » Aucun changement significatif de l’IMC n’a été observé durant l’intervention. Cependant, par rapport à la situation initiale, les volontaires ont présenté des améliorations importantes de leurs symptômes liés aux troubles du comportement alimentaire. Au bout de trois mois, 48 % des femmes présentaient des scores similaires à ceux d’une personne ne souffrant pas de trouble du comportement alimentaire. Elles ont également déclaré être davantage motivées à guérir et cette motivation a perduré pendant un an.
« Nos résultats chez des personnes atteintes d’anorexie mentale sont encourageants, d’autant plus que les précédents traitements n’avaient pas permis à ces patientes de maintenir leur rémission. Toutefois, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer dans quelle mesure ces conclusions pourraient s’appliquer à une population plus large et plus diversifiée », a déclaré Hannah Douglass, chercheuse à l’université d’Auckland, qui a dirigé les recherches publiées dans la revue The British Journal of Psychiatry.


