
Plusieurs centaines de personnes sont à nouveau descendues dans les rues des grandes villes d’Afrique du Sud, principalement de Durban et de Johannesburg, jeudi 9 juillet, pour manifester contre l’accueil des immigrés sans papiers, prévoyant de répéter l’opération tous les jeudis durant quatre mois, jusqu’aux élections municipales.
Comme souvent, des manifestants se sont laissés aller à des attaques ciblées de commerçants et à des intimidations musclées de supposés clandestins expulsés de chez eux en-dehors de tout cadre légal et parfois sous le regard de la police.
L’objectif des manifestants est très clair : mettre la pression sur le gouvernement de Cyril Ramaphosa jusqu’aux élections municipales de novembre 2026.
Car si l’organisation March and March se dit citoyenne, elle pèse sur l’échiquier politique, avec le soutien d’Umkhonto we Sizwe (MK) du président déchu Jacob Zuma par exemple, parti d’opposition qui a fait de l’immigration un argument de campagne.
En battant le pavé toutes les semaines, les manifestants entendent continuer à occuper l’espace, entretenant un climat de méfiance particulièrement palpable dans le pays.
Descentes de police
Face à ce climat extrêmement pesant, le ministère sud-africain de l’Intérieur multiplie les descentes de police aux quatre coins du territoire et arrête des milliers d’immigrés en situation irrégulière. Des arrestations qui se sont intensifiées depuis le début des manifestations.
Menaces, intimidations, violences physiques et discours xénophobes ont accompagné ces derniers mois une campagne menée par des groupes citoyens exigeant le départ de tous les sans-papiers d’Afrique du Sud.
Plus de 45 000 étrangers ont d’ores et déjà quitté le pays et sont rentrés chez eux au Malawi, au Zimbabwe, au Mozambique, au Ghana ou encore au Nigeria.


