
Dans la commune de Benfreha, les habitants de haï Es Salam souffrent péniblement du cadre de vie de leur cité qui ne s’est guère amélioré depuis son existence qui remonte aux années de braise que notre pays a traversées.
En effet, né dans les années 1990, en pleine période du terrorisme aveugle et sauvage que notre pays a connu, et qui a contraint des citoyens vivant dans des zones isolées à se rapprocher des villes, en quête de plus de sécurité, haï Es Salam qui compte plus de sept mille habitants, est dépourvu des commodités les plus élémentaires, à savoir : le gaz naturel, le réseau d’assainissement des eaux usées, le bitumage des rues, et le réseau AEP, entre autres.
Certes, le réseau électrique existe, avons-nous constaté, mais au vu des câbles électriques qui voltigent au-dessus des habitations, très nombreuses sont celles qui sont branchées illicitement au réseau, pour ne pas dire la grande majorité. Selon des habitants que nous avons rencontrés, du fait qu’ils n’ont pas de titre de propriété ils ne peuvent pas bénéficier d’un branchement légal. « Nous habitons ici depuis plusieurs années, nous sommes inscrits sur les listes électorale et nous votons dans cette commune, nos enfants sont scolarisés ici.
Pourquoi ne pouvons- nous pas bénéficier d’un branchement légal au réseau d’électricité, est ce que le piratage de cette énergie n’est pas une perte pour l’état ? » s’interrogent un groupe de personnes qui n’ont pas manqué de dire que ces branchements illicites sont non seulement une perte pour l’état, mais aussi un danger pour eux, la preuve, disent-ils, « ici vous êtes devant la maison d’une famille dont la fille a été mortellement électrocutée cela ne fait pas longtemps ».
Pour ce qui est du réseau de l’AEP, selon nos interlocuteurs, celui-ci est inexistant, idem pour le réseau d’assainissement des eaux usées et celui du gaz de ville. « Comme vous pouvez constater, les tracteurs agricoles tractant des citernes d’eau sillonnent à longueur de journée les rues rocailleuses de notre cité. Nous louons leurs services pour nous approvisionner. Nous payons entre 1000 et 1200 dinars la citerne. Malgré toutes les précautions que nous prenons pour éviter le gaspillage, cette réserve ne peut tenir que quatre à cinq jours », affirment nos interlocuteurs, avant d’ajouter que faute de réseau d’assainissement des eaux usées, toutes les habitations sont dotées de fosses septiques « Nos enfants évoluent dans un environnement insalubre, nos rues ne sont que terre et rocailles. , N’ont-ils pas droit à une vie meilleure ? » se demandent des pères de famille. Au niveau du semblant de route principale qui traverse la cité, et qui se trouve dans un déplorable état de dégradation, des travaux de réalisation des trottoirs sont en cours, ainsi que la pose de poteaux de l’éclairage public.
« C’est certes une louable initiative », pensent les riverains, mais cela aurait été mieux d’agir par ordre de priorité, à savoir : le gaz naturel, l’AEP, l’assainissement des eaux usées.
C’est vrai, que notre cité a bénéficiée d’une école primaire, ce qui est louable, du fait que nos enfants se déplaçaient à Hassiane Toual. C’est vrai également que les travaux de réalisation d’un CEM sont en cours, mais il reste beaucoup à faire dans notre village, où l’antenne administrative n’est même pas dotée d’un réseau informatique. Nous sommes obligés de nous déplacer au village de hassiane Toual pour la délivrance des documents administratifs
. A quoi sert-elle donc « , s’interroge un habitant. Face à la deplorable situation de ce village, il est à se demander ce que devient le programme de développement des zones d’ombre.
A. Bekhaitia


