
Les habitants du village de Rafour, relevant de la commune de M’Chedallah (Est de Bouira), ont commémoré samedi le 69e anniversaire de la destruction, le 6 mai 1957, de leur ancien village «Ighzer Iwaquren» et l’expulsion de sa population par l’armée coloniale française.
La commémoration de ce tragique événement a été présidée par M. Karim Belhaddad, représentant du ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit, et par la wali de Bouira, Mme Houria Agoune.
Tous deux se sont rendus dans cette localité montagneuse, théâtre de crimes coloniaux durant la Révolution du 1er novembre 1954. Ils ont déposé une gerbe de fleurs au pied de la stèle commémorative portant les noms des martyrs tombés au champ d’honneur lors d’affrontements avec l’armée coloniale.
Dans un témoignage livré à l’APS, l’ancien moudjahid, Aliouet Ahmed est revenu sur les faits de cet événement historique douloureux: «L’armée coloniale française a tout incendié ici, à Ighzer Iwaquren, le 6 mai 1957, avant de déplacer les habitants de ce village à Rafour, afin de couper tout soutien aux moudjahidine de la région», témoigne-t-il.
Selon le moudjahid, les forces coloniales soupçonnaient la présence d’un grand nombre de combattants de l’Armée de libération nationale (ALN) dans cette région d’accès difficile, où les forces ennemies avaient essuyé de lourdes pertes lors de combats intenses ayant suivi l’incendie du village Ighzer Iwaquren.
L’ALN avait alors décidé de prendre sa revanche en tendant deux embuscades non loin du village contre les forces coloniales. Les combattants de l’ALN ont pu prendre le dessus lors des affrontements et éliminer près d’une cinquantaine de soldats français, avant de se replier dans les forêts qui couvrent toute cette zone montagneuse, comme en témoigne M. Aliouet.
Des vieilles femmes du village, qui ont vécu ces événements, évoquent avec émotion le jour où leur village a été détruit par le feu. «L’armée coloniale, qui avait encerclé toute la région, nous a sommés, deux jours auparavant, de quitter notre village», raconte Ouardia, une septuagénaire.
La commémoration de cet événement a été marquée par un programme riche, concocté par un comité d’organisation formé par l’association «Thadukli» et le comité des sages du village de Rafour. Le programme a débuté le 1er mai avec un semi-marathon auquel ont participé plusieurs dizaines de personnes.


