
Une journée de formation médicale sur le cancer de la prostate a été organisée, hier, à l’établissement hospitalo- universitaire (EHU) 1er novembre d’Oran, par le service urologie de cet établissement en collaboration avec la société du cancer d’Oran, dans le cadre de «Novembre, le mois de prévention des cancers de la prostate».
«L’Algérie a enregistré 2600 cancers de la prostate en 2019. Le cancer de la prostate apparaît en 3è position dans la liste des tumeurs les plus fréquentes chez l’homme après les cancers du poumon et colorectal. Les cancers de la prostate représentent 14% des cancers recensés en Algérie, a souligné la Pr. Kehili, maître assistante et spécialiste en oncologie médicale à l’EHU.
«Le cancer peut être dépisté par un toucher rectal ou par la mesure du PSA (prostate specific antigen en anglais), une protéine produite par la prostate que l’on détecte dans le sang. Le dépistage PSA et le toucher rectal sont simples à faire. Toutefois, il faut manier avec prudence le dosage des PSA», indique de son côté, le Professeur Chelaf, qui a présenté une communication lors de ces journées pédagogiques à l’EHU d’Oran.
Plusieurs facteurs peuvent conduire à une augmentation de PSA comme l’âge, une infection, un adénome bénin ou un cancer de la prostate par exemple.
Lorsque les différents examens renforcent la suspicion de cancer, l’urologue propose de réaliser une biopsie prostatique pour confirmer ou infirmer définitivement le cancer.
Quand les biopsies font apparaître un cancer, un bilan basé sur des examens d’imagerie est nécessaire pour vérifier si le cancer s’est développé et étendu à d’autres organes.
Parmi ces examens figure l’imagerie par résonance magnétique (IRM).
D’autres examens permettent de vérifier s’il y a des métastases osseuses.
«Il n’y a pas de programme de dépistage organisé du cancer de la prostate en Algérie et c’est aussi le cas aux États- Unis et en Europe. Il n’est pas recommandé de faire un dépistage organisé, c’est-à-dire un dépistage de masse comme c’est le cas, par exemple, pour le cancer du sein», répond la Pr.
Kehili.
«Le dépistage permet la détection de lésions chez un patient asymptomatique. Le dépistage va permettre la réduction de la mortalité. On n’a pas atteint un fort taux de mortalité comme pour le cancer du sein, qui a un taux de prévalence de 30%, d’où la mammographie est recommandée. En Algérie, il est recommandé de faire un dépistage dit «individuel », selon le cas du patient. En général, le dépistage est recommandé à partir de 54 ans ou même à 40 ans, s’il y a un facteur de risque, comme des prédispositions ou les antécédents familiaux, c’est-à-dire la présence de cancers de la prostate au sein de sa famille (le père, le frère, etc…)», poursuit la Pr Kehili qui précise que «l’EHU d’Oran a enregistré 120 cancers de la prostate en 2020.» Pour cette spécialiste, «il est absolument nécessaire de sensibiliser les médecins généralistes, à travers le territoire national».
«Les études disponibles pour le moment ne concernent que les populations européennes, américaines et d’autres pays. Il n’y a pas d’études qui ont concerné la population algérienne. Il faut des études algériennes. Il faut travailler d’une façon collégiale avec les sociétés savantes algériennes à l’image de l’association algérienne d’urologie pour émettre des recommandations et concevoir un programme de dépistage adapté aux données cliniques et épidémiologiques algériennes», fait savoir le Professeur Chelaf.
Ilyès Nh


