Culture

Exposition de peinture de Maria Lynn au centre culturel universitaire : le début et la finitude d’un cycle

Lorsque l’on découvre l’exposition de Maria Lynn à la bibliothèque du centre culturel universitaire, on est étonné par la profondeur de réflexion et d’analyse que suscite son oeuvre.

Avec un titre explicite Métamorphose chromatique, on remarque des toiles représentant des papillons de toutes sortes aux couleurs lumineuses et chamarrées vert noir, jaune, bleu, qui forment une palette radieuse et luminescente. Ses tons enjoués enchantent et appellent à la vie, à la joie et au bonheur.

«Ces papillons symbolisent la métamorphose, la renaissance, une annonce d’un nouveau départ» selon les propos de l’artiste. De visu, on remarque sur un autre pan des cimaises des toiles aux chromatiques chaudes montrant des crânes aux couleurs ardentes comme le rouge, fushia, violet, et bleu sur des aplats de nuances tout aussi rayonnantes.

Cette dualité entre les papillons qui expriment la vie et ces crânes Maria Lynn a voulu exprimer la dualité entre la fin et le début ; «Ces crânes symboles universels de la mortalité sont revigorés par une palette chromatique intense et contrastée; loin d’être une représentation morbide, ces oeuvres invitent à une réflexion profonde sur le cycle de la vie» dit-elle.

Indéniablement, ces crânes aux nuances vivaces et chamarrées, nous laissent quelque peu dubitatif au regard de leur morbidité alors qu’avec ces couleurs vivaces, ils évoquent la fin d’une période, la fin d’un cycle alors que les papillons rappellent la vie dans toute son ampleur et sa démesure.

C’est cette réflexion sur le début de la vie et la finitude d’une époque ou d’un moment; la plasticien l’a transmis à travers sa composition. En regardant cette oeuvre, on ne peut rester insensible à la beauté de ces petites créatures qui se transforment de chrysalide en papillon. «C’est un puissant dialogue visuel qui évoque la beauté et l’inéluctabilité du changement inévitable et nécessaire».

Apparemment adepte de la dialectique, l’artiste au talent avéré a su exprimer ses émotions et ses impressions à travers une peinture expressive. Dans un autre registre, elle a utilisé l’intelligence artificielle pour trois autres toiles qui évoquent une légende de la Casbah, c’est la saga de Fatima el Maâkra. Elle témoigne à travers une histoire celle de deux soeurs dont l’une altruiste a donné à sa soeur sa part de la maison pour une part de ragoût qu’elle céda à sa voisine enceinte dont l’odeur du ragoût l’avait alléchée. L’histoire témoigne de l’altruisme et de la générosité de cette soeur.

La plasticienne a su avec habileté reproduire ces pathétiques séquences à travers trois tableaux. Un autre représentant un portrait de femme, au titre Greta Otto, a été exécuté à l’aide de l’intelligence artificielle.

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