
Le ministre colombien de la Défense, Ivan Velasquez, a qualifié jeudi d' »incompréhensible » que l’Armée nationale de libération (ELN) ait enlevé un sergent et ses deux enfants, âgés de 6 et 8 ans, au moment où la guérilla négocie la paix avec le gouvernement.
Peu avant une trêve bilatérale qui a débuté jeudi, des rebelles guévaristes ont enlevé cette famille pendant qu’elle se déplaçait dans une zone proche de la frontière vénézuélienne, le 3 juillet.
« L’Armée de libération nationale doit donner des signes clairs de sa volonté de paix.
Il est incompréhensible que le jour même où le commandement central a publié un communiqué saluant et appelant tous les membres de cette organisation (…) à suspendre les opérations offensives, le même jour, cette organisation criminelle a commis des actes contre des personnes sans défense », a déclaré M. Velasquez lors d’une visite au port de Buenaventura (ouest).
Tout en demandant « leur libération très rapide », il a rappelé que le cessez-le-feu n’empêche pas les forces de sécurité de poursuivre leurs opérations contre les finances de la guérilla ou leur « travail de renseignement ».
Les commandants de la guérilla et le gouvernement dialoguent depuis novembre en vue de mettre fin à six décennies de conflit armé.
Les parties aspirent à prolonger la trêve actuelle et à mettre fin aux extorsions, enlèvements et autres crimes à partir du 3 août.
Le prochain cycle de pourparlers aura lieu le 14 août au Venezuela, dans le but de désarmer quelque 5.900 combattants.
Le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme en Colombie a condamné l’enlèvement des trois personnes, « dont un enfant handicapé (autisme) ».
La déclaration du ministre de la Défense est intervenue dans le cadre d’une visite dans la ville de Buenaventura, frappée par la violence entre gangs et trafiquants de drogue.
Le grand port de la côte Pacifique traite 40% du commerce international de la Colombie et constitue une route convoitée pour le trafic de drogue vers l’Amérique centrale et le Mexique.
Des dizaines de militaires et de policiers gardaient les quartiers où, quelques jours auparavant, une vingtaine d’hommes cagoulés armés de fusils semaient la terreur.
Sous l’impulsion du président Gustavo Petro, le gouvernement colombien négocie depuis fin 2022 avec l’ELN, la dernière guérilla constituée comme telle encore active en Colombie.
Les pourparlers ont commencé en novembre à Caracas, avant de se poursuivre en mars à Mexico.


