
L’association culturelle « Cartena » que préside Boudène Mohamed a organisé une rencontre à la maison de la culture, réunissant des intellectuels dont des professeurs d’université, des hommes de théâtre, des écrivains pour rendre hommage à l’illustre défunt dramaturge Ould Abderrahmane Kaki, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort survenue le 14 février 1995 alors qu’il n’avait que 60 ans.
Ainsi, une troupe de comédiens de l’association théâtrale « El Moudja » que dirige Boudjemaa Djilali, grand homme du quatrième art et acteur de cinéma, habillés de tricots marins et de pantalons noirs suivant la tradition Kakienne, ont interprète des extraits de certaines pièces de Kaki.
Cette troupe a été vivement ovationnée par l’assistance.
Ensuite, a été projeté à l’écran un documentaire relatant le parcours artistique de Ould Abderrahmane Kaki.
Les témoignages fournis dans ce documentaire par certains comédiens de la troupe « El Garagouz » de Kaki, de spécialistes du quatrième art qui ont côtoyé ce grand dramaturge de son vivant, sont unanimes à dire que Ould Abderrahmane Kaki, né le 24 février 1935 au faubourg populaire et ancestral de Tigditt à Mostaganem a pu se forger une formation d’homme de théâtre excellent tout d’abord par l’éducation familiale et son penchant de lecteur assidu, de même que par l’écoute des meddahs, et des chanteurs bédouis et chaâbi.
Ainsi que ses fréquentations au cinéma « Lux » sis à Tigditt où on passait souvent des films américains.
Au groupe scout El fellah, Kaki a beaucoup aiguisé ses connaissances théâtrales, notamment au contact de Benabdelhalim Djilali, plus âgé que lui, et ayant suivi des stages à l’étranger et en Algérie relatifs au 4ème art.
Rappelons que Benabdelhalim a créé en 1967 le festival national du théâtre amateur.
A l’association culturelle « El Saidia », Kaki a renforcé son talent et crée une troupe théâtrale dans les débuts 1950, s’entoure de jeunes qu’il formera comme comédiens qui joueront les pièces qu’il écrira.
Kaki à participé à des stages à l’étranger et en Algérie.
Après l’indépendance, soit en novembre 1962, il a joué au cinéma Majestic à Alger « 132 ans » relatant les différentes étapes de résistance du peuple algérien de 1830 à 1962 contre le colonialisme français jusqu’à l’indépendance.
Benchaida Mansour, professeur d’université en retraite et écrivain, a souligné le génie de Kaki qui a introduit dans le théâtre algérien des approches nouvelles et une pratique en rupture avec la mise en scène et les thèmes anciens.
Kaki a réussi à insérer le verbe du meddah prépondérant dans l’oralité dans la liturgie théâtrale.
« Kaki a également introduit l’acrobatie du corps qu’exerce l’auteur sur les planches qui se fait parfois souffrir, pour devenir beau et significatif » (Vincent Pierre Jean)


