Parkinson : des tests sur les animaux lèvent le voile sur les mécanismes du lien
Pour comprendre comment le pesticide pouvait causer des lésions cérébrales, les chercheurs ont également lancé des études sur des animaux. Ils ont exposé des souris et des poissons-zèbres au chlorpyrifos pendant 11 semaines. Ces travaux ont confirmé que le pesticide avait un impact sur la santé.
« Les souris exposées à ce pesticide ont développé des troubles moteurs et ont perdu des neurones dopaminergiques, les mêmes cellules qui meurent chez les patients atteints de la maladie de Parkinson », notent les auteurs. Elles présentaient aussi une inflammation cérébrale et une accumulation anormale d’alpha-synucléine. Or, l’agrégation de ces protéines est liée à la maladie de Parkinson.
Les expériences sur les poissons-zèbres ont, pour leur part, montré que le pesticide impacte les neurones en perturbant l’autophagie, le processus cellulaire d’élimination des protéines endommagées. « Lorsque les chercheurs ont restauré ce processus de nettoyage ou ont retiré les protéines alpha-synucléine, les neurones ont été protégés des dommages », précise le communiqué.
« En démontrant le mécanisme biologique chez des modèles animaux, nous avons établi que cette association est probablement causale. La découverte que le dysfonctionnement de l’autophagie est à l’origine de la neurotoxicité nous oriente également vers des stratégies thérapeutiques potentielles pour protéger les cellules cérébrales vulnérables », ajoute le Dr Jeff Bronstein.
Pour l’expert et ses collègues, leurs travaux suggèrent aussi que les personnes ayant des antécédents d’exposition au chlorpyrifos devraient bénéficier d’une surveillance neurologique plus étroite.
Si le chlorpyrifos n’est plus utilisé en France, des résidus étaient encore détectables dans certains sols en 2023. Par ailleurs, plusieurs pays continuent de l’utiliser pour leurs cultures. Cette nouvelle étude appelle donc à maintenir la prudence.