
Pour obtenir de meilleurs résultats après une intervention chirurgicale, il faudrait se faire opérer par une femme, car elle ferait preuve de plus de prudence.
- Un an après l’intervention, 25 % des patients opérés par des chirurgiens masculins présentaient des complications, contre 21 % chez les adultes opérés par des femmes.
- Les personnes prises en charge par des hommes ont eu des séjours hospitaliers plus longs de 28 %.
- Les chirurgiennes auraient de meilleurs résultats postopératoires, car elles opèrent plus lentement et sont plus méthodiques.
Dans le domaine de la chirurgie, les femmes sont encore minoritaires, selon des chercheurs canadiens et suédois. « Les différences liées au sexe et au genre dans la pratique médicale et la communication d’un chirurgien peuvent être des facteurs dans les résultats postopératoires des patients », ont-ils ajouté. Dans deux récentes études, ils ont montré que les personnes ayant été opérées par une femme présentaient moins de complications que celles prises en charge par un homme.
25 % des patients opérés par un homme présentaient des complications un an après l’opération
Dans la première recherche, les scientifiques canadiens ont voulu examiner si le sexe du chirurgien était associé aux résultats chez des patients subissant des interventions chirurgicales courantes. Pour les besoins des travaux, publiés dans la revue JAMA Surgery, près d’un million d’adultes ont été recrutés. Au total, 151.054 personnes ont été opérées par une femme et 1.014.657 par un homme. Selon les détails, 25 types différents d’interventions chirurgicales réalisées entre 2007 et 2019 ont été inclus dans l’étude. « Un événement postopératoire indésirable, défini comme l’ensemble des décès, réadmissions ou complications, a été évalué à 90 jours et à un an après l’opération », a précisé l’équipe.
Les résultats ont révélé que les participants opérés par des femmes étaient moins susceptibles de décéder, d’être réadmis à l’hôpital ou de subir une complication médicale majeure 90 jours ou un an après l’intervention. Plus précisément, près de 14 % des adultes pris en charge par des chirurgiens masculins ont connu au moins l’un de ces événements dans les 90 jours, contre seulement 12,5 % des personnes opérées par une femme. Un an après l’opération, 25 % des patients opérés par un homme ont eu au moins une issue postopératoire défavorable, contre un peu moins de 21 % chez les personnes prises en charge par des femmes. En ce qui concerne les décès, 2,4 % des malades opérés par un homme étaient morts un an après l’opération, contre 1,6 % de ceux qui avaient été opérés par une femme.
Des séjours hospitaliers moins longs lorsque l’opération est réalisée par une femme
Dans la seconde étude, les auteurs suédois se sont concentrés sur les opérations de la vésicule biliaire réalisées entre 2006 et 2019. « Au total, 150.509 personnes, dont 97.755 (64,9 %) ont subi une cholécystectomie élective et 52.754 (35,1 %) une cholécystectomie en soins aigus, ont été opérés par 2.553 chirurgiens, dont 849 (33,3 %) femmes et 1.704 (67,7 %) hommes. Les chirurgiennes ont réalisé moins de cholécystectomies par an et étaient un peu plus représentées dans les universités et les cliniques privées », peut-on lire dans les travaux parus dans la revue JAMA Surgery. Les résultats des patients ont été suivis durant les 30 jours qui ont suivi l’intervention.
Le constat est le même : les adultes opérés par des hommes présentaient davantage de complications chirurgicales. Pour les interventions non-urgentes, les patients opérés par des chirurgiens masculins ont eu des séjours hospitaliers plus longs de 28 % et des risques de complications hémorragiques plus élevés de 66 %.


